François Rivière

Voici l’homme, né à Chambéry, 55 vendanges au pressoir, père de 4 enfants, qui vécut à Narbonne où son père fut médecin, qui réussit sa carrière professionnelle dans le marché des parkings, qui fut président du Viaduc de Millau et du Groupe Epolia, qui fut chargé de mission ministérielle et candidat à Perpignan aux élections municipales de 2009. Précisons également que, victime en 2015 d’un accident sur une fête foraine, il fut placé pendant plusieurs semaines en coma artificiel avec une vingtaine de fractures et la cage thoracique enfoncée.
Incassable, le bonhomme, peut être ! Sauf quand on pousse le bouchon un peu trop loin comme vient de le faire un “journal toulousain” en tannant à “plate couture” celui qui a tout de même investi quelques 10 millions d’euros dans le rugby départemental. 10 briques, mesdames et messieurs, rien que ça pour éponger le passif, relancer la machine sans réduire la voilure alors que, à peine son nouveau président arrivé, l’USAP redescendait de Top 14 en Pro D2. Fallait-il à ce moment-là ralentir les investissements ? “Peut être” concède François Rivière, actionnaire majoritaire à 68 %. “Mais à ce niveau-là, il fallait tout faire pour ne pas impacter la notoriété du club. J’y ai cru et il fallut 4 ans pour revenir en Top 14.” Quatre ans et une nouvelle dégringolade qui vient de lui valoir une attaque médiatique en règle, ou presque, puisqu’elle est étayée par une dizaine de témoignages, eux-mêmes protégés par “le sceau du secret” et celui du “off”. Comprenez, bien sûr, sous couvert d’anonymat…

La poule aux œufs d’or une fois repartie vers d’autres pénates qu’adviendra-t-il de l’USAP ?
En théorie pas de quoi inquiéter Rivière qui, même s’il est fait d’un bois particulièrement dur, commence tout de même à en avoir plein le ballon. Et pourrait bien, un de ces quatre, envoyer valser par-dessus les moulins, cette rocambolesque aventure rugbystique. La poule aux œufs d’or, une fois repartie vers d’autres pénates, qu’adviendra-t-il de l’USAP, seul club, rappelons-le, capable de remplir les stades alors qu’il vient d’aligner 15 défaites consécutives ? Une mobilisation qui relève du mystère savamment entretenu et préservé par la fidélité et la passion de milliers de supporters. Ces supporters qui parlent de ce sport comme on évoque un patrimoine, un sacerdoce, un art de vivre indissociable d’une culture qui fait la marque d’un pays et porte encore l’engouement du rugby des villages.
Mystérieuse et beaucoup plus anxiogène celle-ci, cette propension à faire disparaitre les bonnes volontés, à dissoudre dans l’opprobre les bienfaiteurs, à décourager les investisseurs. Un peu comme si une force occulte, sorte de Triangle des Bermudes Roussillonnais aspirait par le fond toutes les audaces susceptibles de relancer significativement notre économie. Avec une agriculture abandonnée depuis trente ans aux compétitions déloyales, un monde rural qui voit plier un à un ses artisans et ses commerçants. Et une industrie qui, après avoir sondé l’ambiance et tâté le terrain, préfère emprunter d’autres chemins, loin de cette vacuité quotidienne où l’on joue petits bras, avec un tourisme pauvre, des ronds-points dégueulasses, des friches à perte de vue et des discours lénifiants qui, entre deux hochets épinglés sur la bonne veste et deux cocktails sirotés sur quelque vieux gréement, s’empressent toujours de désamorcer le débat. Tout en nous faisant croire, aidés en cela par le bon média, que seul le magnétisme méditerranéen nous sortira de ce mauvais pas.

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