“Déchets de Pentecôte” : Tiens, c’était pas la faute des paysans ! (Par J-Paul Pelras)

Voyons un peu ce que nous avons en magasin en ce début juin d’après confinement au rayon coquecigrue et autres absurdités de saison.

Commençons par l’azuré du serpolet, papillon bénéficiant du statut d’espèce protégée. La semaine dernière, du côté de Royan (sources Sud-Ouest), une dame s’étant aperçu que le propriétaire du terrain attenant avait entrepris le fauchage de la parcelle où gîte le dit lépidoptère, s’empressa de prévenir la police municipale. Laquelle se transporta, in petto, sur le lieu du délit pour signifier un rappel à l’ordre au contrevenant. L’effet papillon, en quelque sorte, d’une écologie poussée à l’extrême puisqu’elle s’invite dans le domaine privé et contraint, alors que le débroussaillage est obligatoire à l’approche de l’été, les propriétaires à “ne pas nettoyer” leurs parcelles. Des propriétaires qui, comme à Fleury en Bière, en Seine et Marne, ont du négocier avec les gens du voyage pour pouvoir faucher leurs prés. Les véhicules ne pouvant, Covid oblige, stationner sur les aires de grand passage, les caravaniers n’ont rien trouvé de mieux que d’élire domicile au milieu des andains et sur l’herbe fauchée de la veille. Restons dans le domaine champêtre et transportons nous en Dordogne cette fois-ci où le préfet vient d’autoriser (sources France Bleu) l’ouverture de la chasse, à l’affût et a l’approche, du sanglier et du chevreuil mâle afin de limiter la surpopulation de ces espèces qui ravagent cultures et semis de printemps.

Personne dans l’hélico pour dénoncer cette “pollution non agricole”
Une ouverture anticipée peu appréciée par Europe écologie les verts (EELV) qui évoque le dérangement des femelles chevreuils (non chassées) et celui des promeneurs et touristes. Peu importe bien évidemment le devenir des productions, les dégâts occasionnés et le manque à gagner des paysans, l’important étant de pouvoir se déconfiner entre layons et guérets et, pourquoi pas, à travers champs. Ces champs, ces parcs, ces jardins, ces chemins, ces vignes, ces vergers, ces prairies, ces forêts où beaucoup sont allés se dégourdir en famille ou entre amis pendant ce week-end de Pentecôte. Avec, comme en témoignent les innombrables publications postées sur les réseaux sociaux, des quantités impressionnantes de détritus laissés sur leur sillage, que ce soit dans l’espace public ou privé, pourvu qu’il soit bucolique et invite à la décontraction. Nous avons ici des emballages ayant contenu des burgers, des nuggets, des frites, du soda précolombien, des canettes de boissons énergisantes ou d’autres élaborées à base de houblon, des sachets, des masques, des gants en plastique, des gobelets, des lingettes, des bouteilles, des paquets de clopes et tout ce qu’il faut pour se sustenter dans la nature quand on est “bien éduqué” et que l’on veut se ressourcer. Une honte ! Et pourtant, aucun communiqué publié à ce jour par Nicolas, Noël, Cécile, Yann, Yannick, José ou Greta. Personne pour dénoncer cette pollution non agricole. Personne dans l’hélico pour designer la responsabilité du paysan. Peut être parce que, sur ce coup là, les bons étaient plus coupables que les méchants !

Jean-Paul Pelras

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