Sauvons Willy ! [par Gilles Tibié]

Je n’ai pas encore lu la “Lettre à Willy”. Il est 18 h 30 ce lundi 4 avril et Jean-Paul m’a téléphoné il y a une heure pour me rappeler que ma chronique était programmée pour cette semaine. Cela veut dire “il me la faut d’ici cette fin de soirée”… Et de rajouter, un tantinet taquin : “Je vais écrire une lettre à Willy, je ne comprends pas son soutien à Macron”.
Que pouvais-je répondre à cette question déguisée ? J’ai assez critiqué le président de la République au travers de certaines de mes chroniques pour l’encenser aujourd’hui au motif que le président de la Fédération nationale des Chasseurs lui apporte son soutien. J’aurai plutôt tendance à essayer d’expliquer à “Willy” que nombreux sont les gueux des campagnes qui pourraient faire rengorger à Emmanuel Macron ses tirades “je traverse la rue et je vous trouve du travail” ou “des gaulois réfractaires au changement” ou encore “un pognon de dingue” et lui rappeler qu’en démocratie le vote des “François Pignon” vaut tout autant que celui d’Alain Minc ou autre BHL.

Cela dit, “Willy” est dans une logique implacable. L’arrivée d’Emmanuel Macron en 2017 a rebattu les cartes. Il a donné un coup de jeune à la politique et il arrive à faire cohabiter dans un même gouvernement Le Drian et Le Maire. En d’autres termes, le clivage acrimonieux droite-gauche a pris un sérieux coup de vieux.
À bien y regarder, avait-il le choix notre Willy ?

Alors que la social-démocratie s’est effondrée, que l’on va retrouver LR éparpillé par petits bouts façon puzzle, que le PS que pépère avait couché s’est autodétruit avec sa représentante “crèpe Suzette”, que l’on ne réalise pas de (re)conquêtes avec les chevaux de retour dérangeants. Tout est bouclé ! 
Madame Lambert, l’alter égo de Willy à l’agriculture, a certainement fait la même analyse. Plus prudente ou plus calculatrice, elle ne s’est pas encore positionnée. Laisser du temps au temps… à l’image d’un illustre Florentin (qui, soit dit en passant, doit, avec un autre grand illustre, se retourner dans sa tombe) elle échappe aux critiques dans son propre camp.

En dépit d’une multitude d’images en trompe-l’œil et d’une avalanche de promesses mirobolantes présentées sur papier glacé, Willy est descendu à la cave et s’est retroussé les manches pour négocier la pérennité de l’activité de la chasse et de ses traditions. C’est courageux ! À l’instar des soutiens apportés, lors des élections régionales, à Carole Delga, Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez… Ce peut être efficace.
Lecteurs circonspects soyez rassurés. Aucune “Willydolatrie” dans cette chronique. Seulement un petit espoir que le bon sens puisse irradier les ors de la république et éradiquer les liturgies boboïstes… Chimères ?

Bon dimanche ! Il fera beau, la vie sera belle agrémentée de tapas de jambon “Tirabuixo” et “carn de parol” accompagnées d’un rosé bien frais, le tout devant la plus belle carte postale du monde… Le Canigou.

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