Pesticides et effets sur la santé : ne pas se tromper de “coupable” !

Alors que les producteurs de fruits dénoncent une préférence française à géométrie variable dans les rayons de la grande distribution avec, y compris en zone de production, des marchandises importées qui débordent des étals, un grossiste est soupçonné d’avoir francisé des légumes espagnols. Pratique qui consiste à maquiller l’origine en remplaçant les étiquettes afin de marger sur des denrées bénéficiant de coûts de production dérisoirement bas. Loin d’être inédite, la méthode révèle une fois de plus le jeu des distorsions qui impacte, depuis des décennies, les filières maraichère et arboricole. Des filières françaises une fois encore stigmatisées par la récente expertise de l’INSERM intitulée “Pesticides et effets sur la santé” largement relayée par certains médias et autres ONG coutumiers du business de la peur, comme le dénonce ici le communiqué de Sauvons les Fruits et Légumes de France.

J.-P. P

Attention à ne pas occulter les véritables priorités !

Le 1er juillet 2021 – Suite à la présentation par les scientifiques de l’Inserm de la mise à jour de l’expertise collective “Pesticides et effets sur la santé”, le collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France appelle à une prise en charge globale des problèmes de santé des agriculteurs. Les études sur les pathologies liées aux pesticides, aussi pertinentes soient-elles, ne doivent pas détourner l’attention sur les véritables priorités sanitaires.
L’une des premières conclusions de cette expertise… ne fait que confirmer des données pour la plupart déjà connues, notamment celles issues de la cohorte Agrican, à savoir l’apparition plus importante de quelques pathologies au sein de la population agricole : lymphomes non hodgkiniens (LNH), myélome multiple, cancer de la prostate, maladie de Parkinson… L’expertise de l’Inserm met également en évidence “une présomption forte de lien entre l’exposition professionnelle aux pesticides et deux autres pathologies : les troubles cognitifs et la bronchopneumopathie chronique obstructive/bronchite chronique”.
Face à ces pathologies, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France appelle au renforcement de la protection des travailleurs, à l’identification précise des familles des substances incriminées et surtout des usages (agricoles, domestiques, biocides, etc.). Ce travail est essentiel afin de ne pas se tromper de “coupable” et de ne pas mettre en danger des filières agricoles sur de simples soupçons.

Dans le cas des LNH, les experts de l’Inserm relèvent ainsi que cette pathologie est probablement liée à l’usage de pesticides de la famille des organophosphorés. De même, la présomption forte entre certains cancers pédiatriques et l’usage des pesticides semble être liée aux pyréthrinoïdes, utilisés également pour des usages domestiques (biocides anti-moustiques). Au total, selon la Banque Nationale des Ventes de produits phytopharmaceutiques (BNVD (ineris.fr)), ces deux familles de substances phytosanitaires représentent moins de 1 % du tonnage de pesticides utilisés par les agriculteurs en France.

Depuis plusieurs années, certaines ONG ont fait de l’exposition des riverains aux pesticides un business de la peur, avec la mise en place de véritables “polices” des pratiques culturales des producteurs. Conséquences : de plus en plus d’incidents sur le terrain, allant même jusqu’à de graves agressions. Aujourd’hui, les experts de l’Inserm rappellent la réalité scientifique : la présomption de lien entre certaines pathologies (maladie de Parkinson, troubles du spectre autistique chez l’enfant) et exposition des riverains aux pesticides est faible. Une conclusion scientifique que devraient logiquement prendre en compte les pouvoirs publics dans toute nouvelle réglementation sur les zones de non traitement. […]

Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France rappelle que les Français peuvent consommer sans aucun risque les fruits et légumes qu’ils achètent au quotidien. Les normes européennes, les plus drastiques au monde, assurent à tous une parfaite sécurité sanitaire. Le véritable enjeu sanitaire reste la consommation de 5 fruits et légumes par jour, suivant la recommandation du Programme national nutrition santé (PNNS).
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Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France

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