Parce que rien n’est jamais simple #10 [par Yann Kerveno]

Un pavé dans la mare

Voilà qui a eu le don d’énerver les opposants au glyphosate, sérieusement. Chargés de réévaluer l’herbicide phare de Monsanto, quatre pays de l’Union européenne (France, Pays-Bas, Suède et Hongrie) ont rendu leur avis le 15 juin dernier. Et statué que le glyphosate n’était, ô surprise, pas cancérigène tout en maintenant les réserves existantes pour son action délétère sur le milieu aquatique en particulier. Vous imaginez bien alors les cris d’orfraie et de dénonciation d’un “scandale de plus” qui se sont élevés un peu partout.
Pour autant, la reconduction de l’homologation n’est pas acquise. Cet avis va maintenant être passé en revue par l’Agence européenne de sécurité sanitaire (EFSA) et par l’Agence européenne de la chimie (ECHA). Qui transmettront, avant la fin 2022, date de l’expiration de l’autorisation dont bénéficie le glyphosate sur le sol européen, l’ensemble du dossier à la Commission européenne pour qu’une décision soit prise.

Ça fait cher la faille

C’est le plus gros industriel de la viande au monde et il s’est fait avoir comme un bleu, ou presque. Le groupe brésilien JBS (43,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2020) a reconnu avoir versé 11 millions de dollars en bitcoin (une cryptomonnaie) à des pirates informatiques qui étaient parvenus à paralyser une partie des usines du groupe pendant plusieurs dizaines d’heures aux États-Unis mais aussi en Australie à la fin du mois de mai. JBS avait alors reconnu avoir perdu environ une journée de production. Le groupe à l’origine de cette intrusion, REvil est bien connu des spécialistes et avait initialement réclamé 22 M$.

Nouvelles tensions sur le maïs

Si les tensions sur les prix agricoles inquiètent jusqu’à la FAO, l’organisation des Nations-Unies pour l’alimentation, la détente ne semble pas à l’ordre du jour. Dans ses dernières prévisions, le ministère américain de l’Agriculture (USDA) a en effet revu à la baisse les chiffres des stocks de report du maïs pour les campagnes 2020-2021 et 2021-2022. Avec respectivement un recul important de 150 millions de boisseaux pour la campagne 2022. Par contre, et c’est plus engageant, l’USDA a revu sensiblement à la hausse les stocks de reports de soja pour ces deux prochaines campagnes. De quoi peut-être nourrir l’appétit chinois sans trop tirer sur la corde.

Pénurie de main d’œuvre

En Espagne, l’heure est à la fin de campagne pour les petits fruits, framboises, myrtilles… Et l’affaire n’a pas été simple, encore cette année, comme le raconte le directeur de la coopérative Obubafruit de Huelva, même si au final, l’année ne sera pas mauvaise. Parce qu’en plus des conditions climatiques déplorables enregistrées sur l’Europe du Nord qui n’ont pas poussé la consommation, la filière a dû faire face, comme l’an passé, à la pénurie de main-d’œuvre. Situation plus dégradée encore en 2021 à cause du conflit diplomatique qui a tendu les relations entre le Maroc et l’Espagne ces dernières semaines. 50 % de la main-d’œuvre agricole employée dans le secteur venant du Maroc, certains producteurs ont été contraints de laisser les fruits sur les plantes.

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