Laurent Girbau : “il y aura un rebond” [par Yann Kerveno]

Le président du syndicat des vignerons fait le tour de l’actualité pour l’Agri.

Vous souhaitiez réagir au dossier de la nouvelle prison…
Oui, je ne comprends pas comment, sur ce dossier, des élus, les collectivités ont pu soutenir la cave Arnaud de Villeneuve ces dernières années, en allant jusqu’à céder définitivement les installations l’an dernier et vouloir mener à bien ce projet de prison juste à côté ! Bien entendu le Syndicat des Vignerons reste mobilisé pour que la prison ne se fasse pas là et nous sommes solidaires des vignerons de la cave et de leur président Brice Cassagnes.

Les rumeurs de ventes de la station de Tresserres vous inquiètent-elles ?
La station fait partie du patrimoine départemental, c’est de la recherche, alors oui, ça a un coût, mais c’est aussi ce qui nous apporte des solutions. Si nous n’avions pas eu de recherche pour la Covid, pour trouver les vaccins, où en serions-nous ? Aujourd’hui, la façade méditerranéenne est très concernée par Cryptobables, c’est ce genre de station qui nous permettra de trouver des solutions. Je demande donc, avec le syndicat, que la station reste ce qu’elle est, au service de la viticulture du département. Et je fais toute confiance à Fabienne Bonet pour conduire ce dossier. Quand on veut trouver de l’argent, on en trouve, et cette station le mérite.

Vous vous êtes aussi exprimé sur les panneaux solaires de Total…
Ah oui, il était impensable que cette station solaire puisse être construite juste à côté du Domaine Rière Cadène, alors nous nous sommes mobilisés sur ce dossier. Nous ne sommes pas contre les énergies renouvelables, il faut juste que cela ne soit pas fait n’importe comment.

Qu’ont donné les négociations avec les services des impôts ?
Nous avons demandé une exonération de la taxe foncière non bâtie, elle sera probablement indexée sur le pourcentage de récolte perdue. Et nous allons entamer les discussions pour 2021. Tout comme nous discutons tout le temps avec les chasseurs sur la question des sangliers, nous allons d’ailleurs prochainement faire un bilan de la saison de chasse avec eux…

Vous deviez passer la main du syndicat des vignerons mais vous êtes encore là…
Nous n’avons toujours pas pu tenir l’assemblée générale qui m’aurait permis de transmettre le flambeau, la Covid a tout décalé mais nous y travaillons.

Et les côtes catalanes que vous présidez depuis quelques mois maintenant ?
Nous avons lancé une enquête, à laquelle les producteurs ont répondu en masse et rapidement, pour savoir où étaient commercialisés les vins des Côtes Catalanes, les différents marchés en Bib ou en bouteilles. D’ici un mois, nous aurons une vue précise qui nous permettra ensuite d’ajuster les efforts de communication et de promotions aux bons endroits pour que nos CVO soient réellement utiles.

L’année 2020 restera dans l’histoire comme une année particulièrement difficile.
Oui, la vendange aura finalement donné autour de 530 000 hectolitres, c’est moins terrible que ce à quoi nous pouvions nous attendre. Cela dit, on sait aussi que la distillation a absorbé 80 000 hectolitres et que les primes de stockage ont été actionnées pour 125 000 hectolitres. La situation ne sera pas facile cette année et il est fort probable que nous ayons besoin d’une deuxième distillation. Il y a du stock et le marché n’est pas du tout bien orienté pour le moment. Et je veux en profiter pour remercier les élus du département qui font remonter à Paris l’urgence de nos situations, ils sont tous au travail et particulièrement Romain Grau que je salue. Mais je veux aussi dire aux vignerons qu’en dépit des difficultés que nous rencontrons tous, dans nos exploitations, sur nos marchés, il y a aura un rebond.

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