La chenille processionnaire du pin

Carte d’identité

Nom vernaculaire : chenille processionnaire du pin.
Ravageur : Thaumetopoea pityocampa, famille des lépidoptères.
Plantes hôtes : Pinus sp., Cedrus sp.
Impacts : dépérissement et éventuellement mort des arbres atteints, propagation rapide aux arbres proches. Impact sur la santé humaine et animale.

Connue pour la migration de ses chenilles en file indienne, la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) est un redoutable ravageur principalement dans les peuplements de pins et de cèdres.
La processionnaire du pin est un papillon nocturne de couleur gris brun inféodé aux espèces de pins à deux aiguilles : pin maritime, pin noir d’Autriche, pin laricio, pin sylvestre, pin d’Alep. On peut aussi la rencontrer sur les cèdres. La chenille processionnaire du pin est phytophage : elle se nourrit des aiguilles de pin. Cette espèce est surtout connue pour le caractère extrêmement urticant de ses chenilles, ainsi que par leur mode de déplacement en file indienne lorsqu’elles vont se nymphoser dans le sol. Ce ravageur est présent sur l’ensemble du territoire national à l’exception du Nord de la Bretagne, du Nord du Limousin, d’une partie de l’Auvergne et du Nord-Est de la France.

Cycle biologique

Les processionnaires du pin adultes effectuent leurs vols de reproduction et la ponte entre juin et septembre. Les œufs éclosent entre fin juillet et début novembre. S’ensuit une période de nidification permettant le développement des cinq stades larvaires entre octobre et février.
Les chenilles quittent le nid pour s’enfouir sous terre entre janvier et mai : c’est la procession de nymphose, période pendant laquelle les chenilles sont particulièrement dangereuses pour l’homme et les animaux car elles se situent au niveau du sol. Les descentes sont les plus massives en février-mars en zone méditerranéenne et mars-avril pour le Nord de la France. À noter que ces périodes peuvent fortement varier selon les aléas climatiques : processions de famine parfois dès octobre, ou processions de nymphose plus tardives.

Impacts

Seuls les poils urticants que l’on retrouve sur les chenilles du 3e au 5e stade larvaire, dans les cocons, dans les nids et dans les sites d’enfouissement, sont dangereux pour l’homme et les animaux domestiques.
Depuis plusieurs années, les populations présentent, sur un territoire donné, plusieurs cycles décalés les uns par rapport aux autres. De ce fait, les stades s’échelonnent non plus sur 1,5 mois mais sur 2 à 3 mois (voire plus). Ceci se traduit par une phase de migration qui débute de début décembre pour se poursuivre jusqu’à la mi-mai.
Risque pour les arbres.
Dégâts directs : une colonie de chenilles se nourrit de 2 kg d’aiguilles (en poids sec) et 5 colonies peuvent entièrement défolier un pin de 20 ans.
Dégâts indirects : baisse de la photosynthèse, perte de croissance, plus grande sensibilité aux stress (sécheresse, pollution) et aux autres pathogènes (insectes xylophages).
Risque pour l’homme et les animaux.
Les chenilles processionnaires posent essentiellement un problème de santé publique en raison du fort pouvoir urticant des milliers de poils qu’elles propulsent comme moyen de défense. Elles sont urticantes à partir du 3e stade larvaire. Ces minuscules poils, invisibles à l’œil nu et sous forme de harpons, se cassent et libèrent alors une protéine urticante qui, au contact de la peau ou des muqueuses, déclenche des réactions allergiques très vives, chez l’homme et les animaux.

Méthodes de lutte

L’éradication de ce ravageur est impossible. La lutte consiste donc à une gestion des populations par différents moyens de lutte (prophylaxie, piégeage, lutte mécanique, lutte biologique).

Mesures préventives.
• Améliorer la biodiversité des peuplements (inclure des feuillus).
• Éviter les plantations de pins dans les secteurs favorables au ravageur.
• Favoriser l’activité des ennemis naturels. Chaque stade de développement de ce ravageur (œufs, larves, chrysalides, adultes) est la cible d’ennemis naturels, qui participent donc à la régulation des populations de la processionnaire du pin. On trouve notamment :
– des chiroptères et des oiseaux (ex. : mésanges bleues et charbonnières). L’installation de nichoirs en période d’activité des chenilles peut favoriser l’installation des mésanges ;
– un grand nombre d’insectes sont des parasitoïdes des œufs (ex : Baryscapus servadei et Ooencyrtus pityocampae), des larves (ex : Phryxe caudata) ou des chrysalides (ex : Villa brunnea) de la processionnaire du pin.

Piégeage.
• Mettre en place des pièges à barrière physique autour du tronc (novembre-février) : ce système permet une récupération massive des chenilles lors de leur descente en procession vers le sol à la sortie de l’hiver et évite ainsi la sortie de nouveaux papillons. Elles sont capturées via un anneau de mousse dans une poche contenant de la terre où elles peuvent se transformer en chrysalide. Il est alors aisé d’éliminer le sac rempli de chrysalides (envoi possible aux ordures ménagères si celles-ci sont destinées à un incinérateur). Ce système est particulièrement recommandé dans les zones à risque ou sensibles (écoles, hôpitaux, jardins publics…).
• Installer des pièges à phéromones sexuelles dans l’arbre, dès début juin pour capturer les papillons mâles. Cette méthode permet de réguler la population en empêchant la reproduction des papillons.

Lutte mécanique.
Pratiquer l’échenillage (octobre-novembre) : retirer les nids des arbres à l’aide d’un échenilloir puis élimination des pré-nids et des nids par le feu ou la noyade. Cette technique nécessite un équipement de protection spécifique (lunettes, masque, gants, combinaison) dû au caractère très allergisant des poils urticants de ces chenilles.

Lutte biologique.
Traitement spécifique des stades larvaires de lépidoptères par un insecticide à base de Bacillus thuringiensis (à l’automne).
NB : des traitements insecticides chimiques existent sur le marché mais sont interdits dans de nombreux espaces fréquentés par le public ! Consultez les conditions d’emploi (https://ephy.anses.fr/) et notre synthèse réglementaire sur : https://cloud.ressources-fredonoccitanie.com/index.php/s/FXjopYt7NpyQAfP
Pour votre santé et sécurité, préférez intervenir avec l’avis et les conseils de professionnels.

Clément Baudot
FREDON Occitanie

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