Ce qu’il faut retenir cette semaine (2023-24) [par Yann Kerveno]

15 à 20 %

C’est le niveau de la réduction de la consommation d’eau potable ces dernières semaines depuis l’entrée en vigueur des mesures de restriction. Ce chiffre a été donné par le préfet Rodrigue Furcy lors d’une conférence de presse pendant laquelle il a détaillé un plan d’action à moyen et long terme. “La crise nous a obligé à trouver des solutions de court terme, cela nous a permis de rapprocher les points de vue même si tout le monde n’est pas encore d’accord” a-t-il commenté. Une vaste mission débute ces jours-ci pour préparer l’avenir. Elle sera instruite par des inspecteurs généraux qui “viendront se frotter aux réalités du terrain et nous aider à élaborer des solutions qui ne seront pas seulement descendantes.” Les conclusions de ce travail seront rendues en septembre et les premiers travaux promis pour l’automne.

Chantiers d’automne

Parmi les premiers chantiers qui seront menés, celui de la rénovation des réseaux est prioritaire. En particulier pour les collectivités dont le rendement des réseaux est inférieur à 70 %. “Elles ne pourront pas prétendre à des financements de l’État pour d’autres travaux que ceux de remise à niveau des réseaux.” Par ailleurs, deux secteurs ont été fléchés comme prioritaires, l’Agly et la Cerdagne. “L’objet de tout ce travail c’est de préparer l’avenir et de gérer ce dossier avec une vision plus intégrative. D’abord en optimisant la gestion de la ressource et en sécurisant l’accès à l’eau potable et, en parallèle, en allant au delà de la ressource pour voir s’il existe des solutions nouvelles que nous pourrions mettre en œuvre, la recharge de nappe, la réutilisation, le stockage, le dessalement.”

Tensions

Les orages ont un peu détendu l’atmosphère mais les tensions ont été réelles ce printemps en Cerdagne. En cause, l’incohérence des règles de restrictions des usages de l’eau de part et d’autre de la frontière. La règle qui s’applique, depuis les différents traités des Pyrénées, c’est que pendant le printemps, les irriguants espagnols se servent dans le surplus laissé par les irriguants français. Puis, il y a l’heure d’été, qui débute le premier juillet, qui réserve l’eau aux irriguants espagnols trois jours par semaine. Mais ce printemps, la situation fut plus compliquée, faute d’eau. Les Espagnols, pourtant non assujettis aux même règles de sobriété que celles appliquées de ce côté ci de la frontière, ont râlé parce qu’il n’y avait pas assez d’eau, les Français parce qu’ils étaient, à cause de l’alerte renforcée, contraints de laisser une bonne partie de l’eau filer de l’autre côté. Une question qui fait partie des chantiers dont s’est saisi le préfet des Pyrénées-Orientales.

Olives, liège…

Aucune production agricole n’échappe aux conséquences de la sécheresse. La décision, attendue, a finalement été prise pour le liège : il n’y aura pas de levée cette année. Les derniers tests menés en mai, au cas où, n’ont pas été concluants. “Les arbres sont fragilisés par la sécheresse, il serait déraisonnable de lever le liège, de les affaiblir encore” justifie Renaud Piazetta, directeur de l’Institut méditerranéen du liège. D’autant que dépouillés de leur armure, ils seraient en plus très vulnérables face aux incendies… Les producteurs d’olives se font aussi du souci ; la coulure semble très importante cette année après une floraison qualifiée parfois d’exceptionnelle.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *