Vins : moins de consommation pendant le confinement

La crise de la Covid-19 s’imprime dans les chiffres du marché du vin. Tous les segments ou presque reculent et les habitudes de consommation ont été affectées.

La crise de la Covid-19 est venue stopper net la campagne viticole 2019-2020. Dans sa note de conjoncture, portant sur les déclarations de sorties du mois d’avril, le Conseil interprofessionnel des vins du Roussillon (CIVR) ne peut que constater les dégâts sur le segment du vrac. Sur les volumes transactionnels, les contrats donc, c’est un repli généralisé plus ou moins accentué selon les produits. Les AOP rouges sont en recul de 42 %, les rosés, en AOP et IGP reculent de 53 % et les blancs de 41 %. Locomotive du marché, les vins bios subissent aussi un net recul à – 32 % pour les AOP rouges ; – 44 %  pour les rosés et jusqu’à – 69 % pour les blancs. Pour les sorties, vrac et bouteilles, elles sont stables sur Collioure, en progrès pour les Côtes du Roussillon rosés (+ 3 700 hl) et blancs (+ 1 800 hl). Pour les autres, le repli est général. Les Côtes du Roussillon rouges sont en recul de 23 500 hl. Les Côtes du Roussillon Villages et les dénominations communales sont en recul, – 6 400 hl, seules les dénominations Lesquerde et Aspres tirent leur épingle du jeu. Les IGP perdent 15 000 hl, dont 9 800 pour les rouges et 6 400 pour les rosés.

Les appellations en repli
Globalement, souligne le CIVR, “les sorties des AOP rouges sont à la baisse de 21 % (- 31 000 hl), celles des rosés et des blancs sont à la hausse. Dans l’ensemble, les AOP ont baissé de 25 600 hl.” Du côté des vins doux, pas de surprises à attendre non plus. La baisse est générale, sauf pour les Rivesaltes tuilés qui gagnent 500 hl. Dans ces faibles volumes, les prix des vins sont fermes et même en légère hausse, sauf pour les Maury secs et les côtes du Roussillon villages Latour de France qui perdent respectivement 29 et 8,6 euros à l’hectolitre. La baisse est également d’actualité pour les IGP rouges et rosés. Les vins bios s’en sortent mieux, sauf les côtes du Roussillon rosé qui perdent 11 euros à l’hectolitre. Pour préparer la sortie, il faut aussi regarder ce qui s’est passé ces huit dernières semaines et comment les consommateurs ont réagi. Ils ont en particulier revu leurs sources d’approvisionnement pendant le confinement. Les rayons vins des hypermarchés ont reculé de 21 % en chiffre d’affaires, les supermarchés ont progressé de 3 %, les drives explosé à 101 % et les commerces de proximité gagné 17 %.

Bib et IGP
Au final, les Français ont consommé moins de vin durant la période de confinement. Les pétillants (champagne, blanquette…) sont ceux qui ont le plus souffert du confinement, assez logiquement. Leur chiffre d’affaires est en recul de 32 % sur ces sept semaines par rapport à la même période en 2019, année au cours de laquelle ils ont déjà perdu 12 %. Les vins tranquilles ont limité la casse, leur chiffre d’affaires reculant de 3 % au cours de ces sept semaines, un recul identique à celui enregistré sur toute l’année dernière. Ce ne sont pas les seules évolutions notables. Dans les commerces de proximité, les consommateurs ont aussi eu recours à des produits moins valorisés, le bag in box a progressé, les IGP ont grappillé des parts de marché aux AOP et les marques distributeurs se sont bien comportées. Reste maintenant à peaufiner le plan de soutien national et à connaître le détail du plan régional qui sera dévoilé vendredi.

Yann Kerveno

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