Taille de la vigne : un coup de sécateur dans les traditions ?

Gobelet, guyot, palmette ou cordon de Royat ? Sécateurs traditionnels ou électriques ? Taille manuelle ou rase, voire non-taille ? Autant de sujets parfois complexes à trancher pour les vignerons.
Après des heures de gloire lors des ré-encépagements des années 1970, le guyot n’est plus à la fête en Languedoc-Roussillon. “Ce mode de taille a permis de maîtriser la production des cépages peu fertiles sur les yeux de la base”, explique Olivier Taillan, enseignant au lycée agricole de Rivesaltes.
Quant au traditionnel gobelet, il a toujours son mot à dire sur les vignes de coteaux. Mais ces dernières années, c’est bien le cordon de Royat qui s’est développé, à hauteur d’environ 70 %, dans un contexte de mécanisation. Une mécanisation qui, outre la récolte, concerne désormais aussi la taille, à hauteur de 5 à 10 %.
La taille rase, “ça change la vie du vigneron !”
Exemple, ce coopérateur de la plaine du Roussillon qui exploite une quarantaine d’hectares de vignes en IGP Pays d’Oc et Côtes Catalanes et ne jure plus que par la taille rase de précision. “J’ai réalisé mes premiers essais il y a dix ans, et depuis huit ans je fonctionne en taille rase pour la totalité de mes vignes”, explique-t-il. “D’abord, j’utilise l’outil de pré-taille pour enlever les sarments du palissage. Ensuite, je réalise la taille rase. Enfin, j’effectue une reprise de taille manuelle qui demande, selon les cépages, de 8 à 10 heures/ha. On gagne 30 à 40 h/ha soit une économie de 450 €/ha. Si la superficie est importante, l’outil est amorti en deux ans. Ça change la vie du vigneron ! Pour moi, le débat sera bientôt le même que celui qu’on a connu avec la machine à vendanger. Il ne faut pas se leurrer, on trouvera de moins en moins de tailleurs.”
Chez Cazes (300 ha en tout entre Rivesaltes et Paulilles), “nous avons des essais en taille rase depuis une dizaine d’années pour de l’IGP” explique Aurélie Mercier, directrice technique, qui y voit des intérêts en termes de rendement et main d’œuvre, mais note aussi “un entassement de la végétation. L’avantage, c’est que cela crée un peu d’ombre, mais l’inconvénient, c’est la difficulté à gérer la vigne en termes sanitaires, surtout pour nous qui sommes en bio.”
Cazes expérimente la non-taille
La Maison Cazes expérimente aussi la non-taille sur 4 à 5 ha sur des terres riches, depuis quelques années, en terroir IGP. “Le rendement est un peu supérieur. L’idée, c’est que la plante s’autorégule.” Mais pour Aurélie Mercier, la taille manuelle reste une valeur sûre. Cazes emploie une bonne dizaine de tailleurs sur Rivesaltes et sept sur Paulilles, de fin novembre à avril.

Fanny Linares

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