Le sens de l’agriculture (première partie)

Nos productions agricoles jouissent d’aides, pas toujours et pas pour toutes, mais c’est un fait. Évidemment, certains gros agriculteurs pouvaient payer l’impôt sur la fortune. C’est une réalité que l’on ne peut pas occulter. Elle reste cependant rare, la grande majorité des agriculteurs en France et ailleurs vit avec peu, voire très peu, en dessous même des seuils de pauvreté. Et les pressions sont telles que certains d’entre nous sombrent dans le désespoir.
La faute doit être portée sur ceux qui ont entamé la démarche ayant consisté à considérer l’agriculture comme n’importe quel autre bien marchand, pouvant se permettre les mêmes échanges commerciaux qu’une automobile et avec les mêmes spéculations boursières. On produit en Europe avec des subventions pour exporter. Nos productions arrivent sur les marchés des pays tiers, surtout vers ceux en développement, moins chères que les productions locales de ces pays. Tant et si bien que ceux-ci finissent par casser les coûts de production, exportent aussi à très bas coût. Ce cercle si vertueux a eu le mérite de détruire les agricultures locales pour répondre aux spécificités des marchés des pays développés… Veuillez accepter mes excuses… Aux marchés des spéculations boursières d’un ultra-libéralisme destructeur des économies des États. Par ce schéma, la destruction des semences locales fut de mise pour planter et se conformer à la norme internationale, à ce que les lobbyistes des grandes firmes ont réussi à faire avaler à nos institutionnels. La pression de la norme, de la réglementation ou plutôt de la pseudo-réglementation. Léon Duguit, que j’apprécie en tant que juriste, exposait que c’est la société qui fait le norme… Alors nous sommes dans de bien tristes et misérables sociétés. Toutefois, la réalité de ce que nous, consommateurs, faisons n’est pas plus vertueuse.

Un je-m’en-foutisme rare et totalitaire
Cette norme, soi-disant hygiéniste, a détruit également les pratiques locales agricoles pour se conformer à celles internationales validées par une bande d’experts dont parfois l’incompétence frôle des sommets et qui se gargarisent d’être de toutes les commissions. Mais ceux-là ont fait des études et sont des sachants ! J’ai remarqué au travers de mes pérégrinations une acculturation totale des jeunes générations et une incapacité des anciens à transmettre. Pire que tout, un je-m’en-foutisme rare et totalitaire, une destruction des valeurs morales, juridiques, sociales, pour ne penser que l’instant présent. Rassurez-vous, amis roussillonnais, il n’y a pas que chez nous où l’on ne sait pas envisager l’avenir avec bon sens…
Pire que tout, ILS ont détruit notre agriculture, ILS ont détruit les fondements des sociétés. ILS pensent au rachat de masse des terres agricoles, à leur confiscation aux paysans. Il ne faut pas oublier que la bien-pensance vous dicte ce que vous devez avoir dans vos assiettes et nous dicte, à nous paysans, ce que nous devons être : de simples ouvriers agricoles ne se souciant plus de demain car EUX y songent. Il me semble juste que ce sont les signes d’une forme de dictature mondiale sous couvert toujours du respect de nos libertés…

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