Le kaki pour remplacer la pêche et la nectarine ?

Pour Jean-Louis Anglès, il y a un potentiel pour le kaki en France. (Photo Yann Kerveno)

Le Medfel s’est penché sur la catégorie des “super fruits” plébiscités par les consommateurs. Ils pourraient venir bousculer le marché.

La préoccupation grandissante des consommateurs pour leur santé passe naturellement par leur alimentation. Depuis plusieurs années ils plébiscitent des fruits nouveaux, venus d’ailleurs lointains ou même du passé. Au cours d’une table ronde tenue le premier jour, les cas du kiwi, de la myrtille, du kaki et de la grenade furent ainsi étudiés à la loupe puisqu’ils prétendent, par leur composition chimique et biologique au titre d’aliments “santé”. L’exemple du kiwi est représentatif de l’irruption, réussie, d’un nouveau fruit sur le marché. Planté dans les années soixante-dix dans les Landes, il a su depuis séduire les consommateurs et fédérer une filière autour de sa production. Ce sont aujourd’hui 80 000 tonnes annuelles de kiwi qui sont produites en France pour une récolte nationale de 50 000 tonnes, principalement dans le Sud-Ouest. Avec des chiffres à faire pâlir d’envie, 4,4 kg consommés par personne et par an en France. 63 % des Français consomment des kiwis. Deux dénominations d’origine, des AOP, ont même été bâties pour protéger les kiwis du bassin de l’Adour et de Corse. “Nous parvenons même à imposer le kiwi français sur des marchés à l’étranger pourtant très disputés” se félicitait Adeline Gachein, directrice du Bureau interprofessionnel du kiwi “et ce en dépit de son coût plus élevé. La qualité de nos produits est reconnue.”

Une filière française ?
Le cas du kaki est différent, mais ce vieux fruit astringent pourrait connaître le même développement que le kiwi. C’est l’Espagne qui s’en est emparé. Jean-Luc Anglès, d’Anecoop France expliquait : “Nous avons trouvé les moyens de supprimer l’astringence du fruit et aussi qu’il puisse se consommer dur, sans cuillère comme c’est le cas traditionnellement. Ensuite, pour le commercialiser, avec notre marque Persimon nous sommes allés dans les pays où le kaki n’est pas présent au fond des jardins, où il n’est pas connu, en Europe du Nord notamment.” Et la greffe a pris à tel point que ce sont 200 000 tonnes de kakis qui seront bientôt produites par Anecoop. “D’ici à 2022, il se produira plus de kakis que de nectarines en Espagne, c’est un produit facile à consommer qui arrive en plus dans les étals à un moment où l’offre est réduite, entre octobre et janvier” lâchait-il ensuite.
Autre produit plébiscité par les consommateurs, la grenade, un autre sujet de développement en Espagne même si les chiffres n’ont rien à voir avec ceux du kaki, la production y est de l’ordre de 15 000 tonnes annuelles mais, en dépit de l’intérêt suscité, Jean-Luc Anglès voit mal se réitérer avec la grenade ce qui survient avec le kaki, parce que c’est un produit moins facile à consommer. Les producteurs français pourraient-ils toutefois tirer partie de ce type de développement ? Le patron d’Anecoop France estime que oui. “On a de la chance en France d’avoir des distributeurs qui jouent le jeu des produits locaux, alors il y a probablement de la place pour la création d’une filière française pour le marché local.”

Yann Kerveno

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