L’agriculteur, le zadiste et l’ingénieur

Puisque l’actualité nous y conduit, évoquons Notre Dame des Landes et ce territoire sur lequel devait être implanté l’aéroport, avec des agriculteurs “historiques” puisque, pour certains, installés depuis plusieurs générations et ceux qui se revendiquent désormais comme tels, car squatteurs sur l’ex zone à défendre (ZAD). Les premiers, pour la plupart éleveurs, bien qu’ayant vécu la menace d’expulsion, ont continué à cultiver des centaines d’hectares et veulent peser dans la négociation de la redistribution des terres, dont certaines leur ont appartenu. Les seconds espèrent un scénario façon Larzac. Autrement dit, la prise en charge de ces parcelles par des collectifs en place militant pour
“une agriculture paysanne, bio, pourvoyeuse d’emploi et à l’échelle humaine”. Des arguments qui ne conviennent ni à la FDSEA, ni aux Jeunes Agriculteurs, ni à la Coordination Rurale, ni à la Chambre d’agriculture de Loire-Atlantique. “On ne veut pas se retrouver avec des gens qui ne sont pas reconnus, qui n’ont rien à faire là. Si c’est la volonté de l’État, ce sera sans nous” déclarait à ce titre Jacques Lemaître, président de l’établissement consulaire. Dans Presse Océan, l’association qui regroupe les exploitants légaux rajoute par la voix de son représentant Mickael Mary : “L’État semble prêt à certaines entorses pour faciliter l’installation de nouveaux venus et acheter la paix sociale. Pour nous, il n’en est pas question, les règles doivent être les mêmes qu’ailleurs dans le département”. Une déclaration qui résume à elle seule la situation avec, n’y allons pas par quatre chemins, d’un côté des agriculteurs qui veulent récupérer leurs terres et, de l’autre, des opportunistes qui veulent se les approprier.

Du beau monde et pas un seul syndicaliste en vue
Revenons à présent dans les P.-O. pour évoquer cette réunion qui doit, selon nos sources, se tenir en préfecture le 23 avril prochain “dans le prolongement des réflexions régionales et du plan national quinquennal de la filière fruits et légumes publié en début d’année”. Une réunion qui, à n’en point douter, vient faire écho aux États généraux de l’alimentation et où sont invités 42 personnalités dont les présidents de la Chambre d’agriculture des P.-O. et de la Chambre Régionale Occitanie, la DRAAF, la DDTM, le FDGDON, les présidents de 16 organisations de producteurs départementales ou régionales, des représentants d’entreprises comme Cardell Export, Andros, Florette, Saint Mamet, les présidents des Marchés d’intérêts nationaux (MIN) de Toulouse et de Montpellier, Interbio Occitanie, Saint Charles Export, Interfel, CerFrance, Sud Expe, France-AgriMer et, entre autres, la présidente de la Région Occitanie. Du beau monde auquel il faut rajouter un nom. Celui de cet ingénieur, diplômé de l’École normale supérieure et titulaire notamment d’un doctorat
d’État, ayant exercé des responsabilités internationales dans l’industrie de l’automobile et possédant, depuis quelques années, une exploitation arboricole en Conflent. Une “expertise prestigieuse” qui s’avère de toute évidence incontournable Quai Sadi Carnot ce 23 avril, veille de l’ouverture à Perpignan du Medfel, salon international de la filière fruits et légumes en Méditerranée. En revanche, du moins parmi ceux qui figurent sur la convocation adressée le 3 avril dernier, pas un seul syndicaliste agricole invité. Décidément, de Nantes à Perpignan, “le paysan” n’est plus ce qu’il était.

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