Gel : une nouvelle année noire pour la viticulture (Par Yann Kerveno)

Le gel de cette année aura fait des dégâts considérables en l’agriculture dans toute la France. Jusque dans les vignes et les vergers de l’Aude et des P.O.

La nuit du 7 au 8 avril rejoindra la liste des nuits infernales dans le cahier noir de la viticulture. Avec la baisse annoncée des températures, le vignoble a une nouvelle fois été grillé par le gel. Et hormis la zone côtière, peu de secteurs ont été épargnés. En tout début de matinée, Benoît Bousquet témoignait : « tout le secteur entre Estagel, Montner et Latour de France est détruit. Il a fait jusqu’à -5° cette nuit. On va attendre que le soleil fasse son effet et réchauffe l’atmosphère mais les bourgeons sont déjà noirs » expliquait-il avec une émotion palpable. Il avait d’ailleurs déjà connu pareille mésaventure en 2017. Dans les vignobles de l’Aude et des Pyrénées-Orientales, les téléphones chauffent en ce début de matinée. Du côté des Aspres, Laurent Girbau n’avait pas pour l’instant de remontées trop inquiétantes. « En tout début de matinée, avec ce que je sais, nos craintes vont surtout sur les plantiers, les jeunes vignes de l’année et sur les parcelles en bord de rivières » expliquait-il.

Le vignoble audois particulièrement touché

Au Mas Amiel, des feux ont été allumés dès cinq heures du matin dans les parcelles les plus exposées pour limiter l’impact de la baisse des températures. Dans l’Aude, aucun secteur ne semble avoir été épargné par le gel ce matin si ce n’est la bande côtière. Il a fait jusqu’à moins quatre à Talairan confirme Ludovic Roux, président de la cave des terroirs du vertige. « Mais il y a eu du gel partout, dans les Corbières, à Limoux, dans le Minervois… Mais aussi dans l’Hérault et le Gard. » Il faudra maintenant attendre la fin de journée pour dresser un bilan provisoire de ce nouveau coup du sort. Dans les autres régions, soumises pour beaucoup à trois nuits de gel consécutives, les dégâts seront aussi probablement considérables. Dans les Graves, en Bordelais, les températures sont descendues jusqu’à – 6° avant-hier, dans les Gers le vignoble armagnacais a été pelé, sans parler de la vallée de la Loire où vergers et vignes ont payé un lourd tribut, ou encore la Champagne et la Bourgogne. Même les grandes cultures, d’hiver ou de printemps, ont subi des dégâts.

 

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