Fruits et légumes : situation tendue pour l’industrie

Le travail est adapté pour éviter les contaminations mais le marché du frais reste fluide.

À Thuir, Ille Roussillon prépare des salades et des artichauts pour ses clients dans toute la France. “Nous avons renforcé toutes les mesures de sécurité sanitaire : le lavage des mains, nous laissons les portes des ateliers ouvertes pour éviter le confinement…” explique Julien Batlle, “nous avons aussi décomposé le travail pour que nos salariés soient moins proches les uns des autres et limiter les contacts”. En conséquence, ce sont deux lignes de tri qui opèrent sur les artichauts et trois sur les salades “alors que d’habitude à cette période de la saison, c’est plutôt une ligne artichaut et deux de salades, c’est moins rentable, mais ça protège les salariés” poursuit-il. L’entreprise a fait un stock de masques que les salariés portent en travaillant. Elle est même allée chercher des masques plus isolants pour les chauffeurs routiers, pour qu’ils n’aient pas à attendre à l’entrée des magasins. Et le marché ? “Pour l’instant, ce qu’on constate, c’est que pour tout ce qui est distribution organisée, les grandes surfaces, fonctionnent presque normalement. En fin de semaine, un ralentissement sensible était toutefois perceptible sur le marché du frais. Par contre, c’est beaucoup plus compliqué pour la salade à destination de l’industrie, notamment celle qui sert la restauration. Soit environ 60 % de la surface de salade dans le département…” À l’heure où déjà est évoquée une prolongation du confinement, Julien Batlle redoutait aussi des ruptures sur les emballages. “La semaine prochaine, le gouvernement sera obligé de faire redémarrer certains secteurs, sinon ça va être compliqué” voulait-il croire.

Yann Kerveno

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