Covid-19. « Le monde ne sera plus le même »

Président de la cave de Leucate, Lilian Copovi estime que les choses vont changer, en profondeur, après la crise. En attendant, les vignerons de Cap Leucate font le gros dos.

Comment avez-vous organisé le travail de la cave et à la vigne depuis le début du confinement ?

Nous avons fait comme tout le monde, tout ce qui peut se faire en télétravail se fait de cette manière, le reste des salariés, notamment ceux des caveaux que nous avons fermés, est en chômage partiel. Nous avons conservé le strict minimum pour maintenir l’activité au chai. À la vigne, nous avons pu maintenir le plan de déploiement de la confusion sexuelle en aménageant les chantiers pour respecter les règles sanitaires. Nous devons achever d’équiper les 1 400 hectares concernés sur le vignoble de  notre zone dans les heures qui viennent. Le travail continue.

Et le marché, en subsiste-t-il quelques miettes ?

S’il semble qu’il se consomme plus de vin en ce moment, cela va être difficile. Le printemps est une période clé pour nous à Leucate, pour les caveaux, avec les vacances, le mondial du vent, la fiesta… Nous constaterons des pertes importantes de chiffres d’affaires. Mais pour l’instant, nous avons la trésorerie nécessaire pour assurer les acomptes à venir. La situation se compliquera si ce confinement doit perdurer mais la résilience se prépare et quand le démarrage sera là, il faudra que toutes les équipes soient sur le pont. Mais surtout, il ne faut pas se tromper de débat. Au début de la crise, on s’est demandé si le vin était un élément essentiel de l’alimentation. Au regard de l’histoire, et de l’utilisation que nous en avons fait au cours des deux guerres mondiales, je crois qu’il reste oui un élément essentiel de l’alimentation en temps de crise. Donc aujourd’hui.

Le vin sort-il toujours des chais ?

Oui mais à un rythme beaucoup plus lent. Parce qu’il faut anticiper, je cherche des capacités de stockages, afin d’assurer le traitement de la future récolte. Nous nous devons de restituer des chais quasi vides à la veille de la récolte. Je me renseigne en particulier chez nos voisins dans les Pyrénées-Orientales, pour la proximité. Mais ce qu’il faut garder à l’esprit, c’est que le monde ne sera pas le même après ce que nous vivons. Nous commençons de travailler à cet après, afin de faire évoluer les concepts et les modèles de distribution, notamment dans nos caveaux. À l’issue de cette période va se conforter l’idée de constituer des unions de coops de deuxième voire troisième niveau, financièrement plus solides et en mesure de nous permettre de surmonter des crises de ce type.

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