P.-O. : le drone pour blanchir les serres [par Thierry Masdéu]

Un nouvel outil à disposition des maraîchers. Pratique, moins chronophage, adapté aux structures, il permet aussi de lutter contre le frelon asiatique, la pyrale du maïs et peut aussi être utilisé dans le secteur du bâtiment.

(Photo : De gauche à droite, Marcial De Freitas, maraîcher à La Tour Bas Elne et Laurent Baudet télé-pilote chez Drone Services et Agriculture)

Dans notre région, il est coutumier, dès les mois d’avril et mai, de procéder au blanchiment des serres et tunnels pour limiter, même lorsqu’ils sont ventilés, les pics de chaleur estivaux. Au fil des années, le rayonnement solaire étant de plus en plus intense, l’objectif de cette technique permet, par une pulvérisation de produits biodégradables, le dépôt d’une pellicule blanche qui en opacifie les parois. L’ombrage ainsi assuré tout en conservant une excellente luminosité, garantit le maintien d’une atmosphère en dessous des
35° C. Si, jusqu’à présent, la mise en œuvre de cette méthode, qui permet d’abaisser la température d’environ 5° C, s’effectuait soit manuellement, soit par l’intermédiaire de l’hélicoptère, aujourd’hui, une nouvelle entreprise basée à Montescot innove et propose ce service à l’aide d’un drone. Doté d’un châssis spécialement adapté pour accueillir une rampe de pulvérisateurs, et bien d’autres outils, l’aéronef quadricoptère de “Drone Services et Agriculture” apporte de nouvelles solutions aux contraintes de certains maraîchers.

“Sur notre exploitation, qui n’est pas la seule dans ce cas, l’implantation des abris est souvent proche de très hautes haies coupe-vent qui ne facilitent pas les plans de vols des pilotes d’hélicoptères” témoigne de son expérience Marcial De Freitas, maraîcher à La-Tour-Bas-Elne, qui les commandite plutôt pour le blanchiment de ses chapelles. “D’autant que pour les tunnels, le résultat avec l’hélico est beaucoup trop concentré sur le haut, alors qu’avec le blanchiment au drone, la pulvérisation de la couche d’ombrage est plus précise, uniforme et mieux répartie sur l’ensemble des parois !” Pour un coût qui avoisine les 0,15 cts € le m2 (produit d’ombrage non inclus) la technicité de cette prestation assure aussi une meilleure quantification du produit d’ombrage. Un bénéfice pour Marcial qui s’ajoute à celui de la gestion du temps. “Durant cette période où c’est la course contre la montre pour la cueillette des fraises Gariguettes,
j’ai besoin de mobiliser toute mon équipe. Cette année, pour la première fois, je ne devrais plus durant plusieurs jours détacher deux personnes au blanchiment !”

Pyrale, frelons, imperméabilisation des toitures…

Si les maraîchers disposent à présent de cette nouvelle carte pour le blanchiment des abris, son instigateur, Laurent Baudet, propose également pour les plantations de maïs une solution permettant de lutter contre les attaques de la pyrale. “Toujours à l’aide du même drone « Atilla », je dispose d’une boîte de largage de petites capsules qui contiennent des trichogrammes. Ce sont de petites guêpes parasitoïdes qui mangent les larves de la pyrale, cette chenille qui fait pas mal de dégâts sur les plantations de maïs !” Redoutable, comme en atteste l’évocation phonétique de son nom de baptême, les fonctionnalités de ce drone, de fabrication 100 % locale, avec la complicité d’Olivier Careau “d’Objectif Drone” à Argelès-sur-Mer, est aussi très efficace pour éradiquer les nids de frelons asiatiques. “La structure du drone me permet également d‘embarquer un canon à visée laser, lanceur de billes d’insecticide de la famille des pyréthrinoïdes, et qui vont se loger dans le nid” évoque avec précision Laurent, ce télé-pilote qui a aussi à son actif plus de 20 ans d’expérimentation dans les produits phyto. “L’avantage de cette solution, plutôt que l’aspersion avec la lance à insecticide, permet d’assurer de meilleurs résultats ! Car la peinture du revêtement des billes est instable à 20° C et avec la chaleur qui règne dans le nid elle se dissout et libère rapidement le produit.” Polyvalente pour les besoins des secteurs agricoles, “Drone Services et Agriculture” l’est aussi pour les tâches liées au bâtiment comme pour le démoussage et l’imperméabilisation des toitures, où l’intervention du drone limite l’utilisation de nacelles et les risques d’accidents de travail. Plus que jamais, cette technologie du pilotage à distance, qui a fait son apparition il y a une dizaine d’années dans le domaine civil, poursuit son ascension effrénée vers la création de nouveaux services. 

Contacts : Drone Services et Agriculture – Laurent Baudet : 06 72 79 94 73 – https://www.droneservicesetagriculture.com
Marcial De Freitas : 07 70 93 87 19 – defreitasmarcial@gmail.com

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