Lettre à deux Français que l’on veut opposer [par Jean-Paul Pelras]

Madame, Monsieur,
C’est en réécoutant “Maria” de Jean Ferrat (les deux garçons de Maria n’étaient pas dans le même camp, n’étaient pas du même combat. L’un était rouge et l’autre blanc…), que me vint l’idée de cette correspondance à deux Français que l’on veut opposer. Vous qui lisez ce courrier et moi-même qui l’ai écrit sommes peut-être concernés par cette scission, comme le sont actuellement des millions de Français. J’ai pu, après avoir mis en ligne une courte vidéo intitulée “Monsieur le Président, je ne vous autorise plus à vous occuper de moi” qui fut visionnée plus de 2 millions de fois, prendre la mesure de cette partition. Avec certains commentaires qui approuvaient mon propos et d’autres qui, souvent sans décence ni révérence, contestaient mon opinion. J’ai même pu lire à plusieurs reprises “Puisque vous voulez être déconfiné, refusez aussi que l’on vienne vous soigner…” Rhétorique devenue presque classique en ces temps de pandémie où il y aurait donc deux mondes, celui qui soigne et celui qui se fait soigner. Reflet assez fidèle finalement de ce que l’on nous inculque depuis des mois chaque soir à la télévision avec, derrière la lucarne, des savants qui savent forcément et, du côté où l’on regarde, des millions de Français qui sont là pour accepter ce que le pouvoir et la science réunis veulent leur imposer.
Parmi ces millions de Français qui attendent, religieusement ou à leurs corps défendant, les interventions du Premier ministre ou du président entre deux “re-déconfinement” deux camps s’opposent assez distinctement. Celui qui acquiesce et soutient l’action du gouvernement et celui qui, parce qu’il doute de plus en plus, ne veut rien entendre de tous ces commandements. Dans la rue, au marché, en famille (dans des proportions bien sur très limitées…), sur les plateaux télé, dans les journaux, les avis s’opposent et le débat fait rage entre scientifiques qui veulent garder la main et ceux qui alertent sur la dégradation de notre économie. “La santé ou l’argent” pourrait on presque résumer si, finalement, la santé n’était pas aussi affaire d’argent.
Arrive à ce propos la perspective du vaccin “que je ne rendrai pas obligatoire” précisa le président. Nous avons bien noté au passage que ce garçon de 42 ans avait le pouvoir de nous imposer la piqure avec ou sans notre consentement… Nous y viendrons de toute façon, car l’étape suivante pourrait bien être celle où nous serons obligés de montrer notre carnet de vaccination pour prendre un avion, un bus, un taxi, un métro, un bateau ou un train, pour nous rendre dans une administration, aller à l’école ou tout simplement faire nos commissions. Évidemment la piqure ne sera jamais obligatoire mais, à moins de se resigner à vivre dans une grotte, comment, dans ces conditions, pourrons-nous y échapper ? Là encore deux France vont s’opposer. Celle qui clique sur l’appli “Stop covid” largement diffusée ces derniers temps par le gouvernement. Et celle qui se refuse à être “tracée” car elle espère pouvoir rester libre de ses mouvements.
Vous voici donc l’un et l’autre (vous et moi finalement) tenus par la peur ou animés par l’objection. Les uns prêts à designer le voisin qui n’aura pas obtempéré et les autres prêts à braver l’interdiction qui vient entraver leurs libertés.
Et au-dessus, bien au-dessus bien entendu, ce jeune homme de 42 ans qui regarde sans rien dire lorsque des dizaines de milliers de personnes se réunissent au même endroit pour manifester. Alors que dans nos campagnes nous devons nous munir d’un certificat de domicile, d’une pièce d’identité et d’une attestation pour aller ramasser 4 champignons. Oui, l’un et l’autre finalement, selon que vous serez puissants ou misérables. Avec cette variante désormais, selon que vous serez menaçants ou corvéables.

One thought on “Lettre à deux Français que l’on veut opposer [par Jean-Paul Pelras]

  • 4 décembre 2020 à 8 h 15 min
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    je suis entièrement d’accord avec toi je me permet de te tutoyer vu mon age 73 ans j’éspére que tu ne m’en voudras pas . pour en revenir a ce que devient la liberté en françe cela me révolte merci et continue a écrire cela fait plaisir de voir que je ne suis pas seul a penser comme toi et non de ses personnes qui sont conditionnés ps je suis de st laurent de la salanque salut

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