Macron invente le compteur anti-glyphosate

À l’heure où nous bouclons, mardi 4 décembre à midi, sur un peu plus de 400 000 agriculteurs, neuf déclaraient être sortis du glyphosate et deux s’étaient engagés à en sortir…
Le gouvernement vient donc de créer un site où ceux qui n’utilisent plus le glyphosate ou qui ont l’intention de ne plus l’utiliser sont invités à cliquer pour faire tourner les compteurs. “Il ne s’agit pas d’un outil de contrôle mais d’un outil pour essaimer les bonnes pratiques” nous dit-on depuis l’Élysée où, comme chacun le sait, les locataires du prestigieux établissement savent manier la bèche, le bigos et la pioche avec une dextérité admirable. Imaginons, à ce titre, les prédécesseurs de Jupiter s’en allant conseiller les mineurs de fond en préconisant l’arrêt de l’explosif, tout en suggérant le retour systématique du pic et de la barre à mine. Car c’est bien de cela dont il s’agit. D’une psychologie à deux balles faite pour amuser les bobos qui en sont encore à croire que l’agriculture peut rester compétitive en retournant à l’époque du bœuf et du bourricot. Que la science propose une solution alternative compatible avec les besoins et les usages agricoles et, dans la minute qui suit, les agriculteurs arrêteront d’utiliser le désherbant en question.

Un nouveau gadget…
Voici donc ce site glyphosate.gouv.fr imaginé pour inciter les “start-up” agricoles à se concerter pour échanger sur les pratiques vertueuses, pour envisager des achats groupés de robots pouvant permettre de contourner le désherbant, pour montrer une visibilité aux alternatives et prouver qu’elles sont rentables.
En inventant ce nouveau gadget qui a certainement mobilisé, aux frais du contribuable, un aéropage conséquent d’énarques bien inspirés, Emmanuel Macron, à défaut d’éradiquer la mauvaise herbe là où aucun tracteur ne peut aller la chercher, risque de cristalliser encore un peu plus les tensions entre l’exécutif et la galaxie agricole. De surcroit, il ne répond pas aux préoccupations d’un monde paysan qui attend, non pas des recommandations, mais des solutions.
Rajoutons pour finir que “l’expérience instruit plus surement que le conseil.” Et précisons que c’est à André Gide que nous devons cette citation.

Jean-Paul Pelras

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