Arnaque écologiste

Qu’elle soit coercitive, punitive, imposée ou simplement suggérée, l’écologie est désormais omniprésente dans notre quotidien. Variable d’ajustement ou véritable enjeu électoral, les politiques ne peuvent plus s’en passer. Et ce, même s’il est intéressant de rappeler que, de René Dumont en 1974 à Eva Joly en 2012, les verts, en moyenne, n’ont guère dépassé 2 % des suffrages. Seulement voilà le “greenwashing” ou “éco-blanchiment” s’est progressivement installé dans notre société où, du maire de la plus petite commune au représentant du plus haut sommet de l’État, il faut défendre l’environnement si l’on ne veut pas être relégué au rang des “impurs”. Il en va de même chez les marchands, puisque à peu près tout ce qui se vend aujourd’hui est censé protéger la planète. Y compris les 4X4, l’électricité, la banque, le tourisme, les loisirs et, bien sûr, la grande distribution qui remplit ses caddies de bonnes intentions verdoyantes à coup de spots télévisés bienveillants. Une communication qui plébiscite les pratiques agricoles respectant l’environnement avec des images où l’on ne sait plus, probablement à juste titre, qui, du paysan où du distributeur, est en train de récolter son champ…

Des taxes qui servent davantage à combler le déficit public qu’à purifier l’air respiré par le contribuable
L’écologie fait vendre, car elle incite les consommateurs à changer leur modus vivendi, à devenir plus vertueux et à bonifier leurs consciences. De la présentatrice météo à la montre fabriquée en Chine qui enregistre nos pulsions cardiaques, la référence à l’environnement, subliminale ou assumée, est sur tous les écrans.
Forts de ce constat, ceux qui nous gouvernent placent l’écologie au cœur de leurs programmes. D’une part car il faut, bien sûr, sauver la planète. Et d’autre part car, tant qu’à faire, il faut aussi renflouer les finances de l’État. Le cynisme politique atteint ici des sommets puisqu’il troque une image écologique responsable contre des taxes qui servent davantage à combler le déficit public qu’à purifier l’air respiré par le contribuable. La récente idée consistant à mettre en place des péages urbains ou à renforcer les contrôles techniques et l’augmentation vertigineuse des taxes sur le carburant suscitent des réactions de plus en plus hostiles. Tout simplement car ces mesures impactent le pouvoir d’achat des ménages et les coûts de production en entreprise.
Elles pénalisent également celui qui doit rouler sur des distances très importantes comme c’est le cas en milieu rural. Le député LREM Mathieu Orphelin, réputé proche de Hulot, propose à ce titre la mise en place d’un crédit d’impôt de 150 euros par an (sources France info) octroyé les années où le prix moyen du baril de pétrole dépasse un certain seuil. Un coup de pouce fiscal qui pourrait concerner 4,6 millions de bénéficiaires sur les 22 millions de Français vivant en zone rurale. En admettant que ces bénéficiaires réclament leur crédit d’impôt, l’État percevrait 650 millions d’euros en moins sur les 23 milliards de recettes annuelles que génèrent, avec 60 % du prix payé à la pompe, les taxes sur les carburants. Sachant, de surcroit que beaucoup de ces contribuables ne seront pas concernés par l’impôt car les conditions de ressource doivent être inférieures à 1 710 euros net par an. Un gadget supplémentaire qui aura bien du mal à atténuer le coût de nos déplacements.

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