Hausse des matières premières : une facture à 77 M € pour l’agriculture des P.-O. [par Yann Kerveno]

La guerre en Ukraine est venue amplifier un mouvement global d’augmentation des prix. Pour l’agriculture roussillonaise, les coûts sont énormes, 77 millions d’euros de dépenses supplémentaires pour la campagne en cours.

On en est plus à se demander quand ça va coincer, parce qu’on y est. C’est en substance le message délivré par la FDSEA et les JA des Pyrénées-Orientales, vendredi 18 mars, devant le préfet du département. Alors que les modalités d’application des mesures du plan de résilience présentées par le Premier ministre ne sont pas encore connues, les deux syndicats ont dressé un tableau inquiétant, filière par filière, des surcoûts générés par l’augmentation du prix des engrais, du carburant et de toutes les matières premières en général. En première ligne ce sont les coûts de production qui flambent. Plus 16 % pour la vigne en bord de parcelle (15,60 M €), 17 % pour l’arboriculture également en bord de parcelle (+ 12 M €), + 0,50 M € pour l’élevage. Pour le maraîchage, les surcoûts sont estimés entre 15 et 30 % pour les cultures en plein champ, + 50 % pour les tomates sous serre, soit au total un surcoût de 28,70 M €, dont 20 pour la seule tomate.

 

"C’est maintenant que nous payons !"

Une facture, provisoire à laquelle il faut ajouter les augmentations en station ou au chai. Le tout ayant été calculé en mars, sans préjuger de nouvelles et potentielles augmentations. Les syndicats ont donc demandé au préfet qu’il apporte des clarifications quant à l’application du plan de résilience et des mesures plus à même de traiter le court terme. "Pour ce qui est de la facture énergétique par exemple, la mesure d’aides ne sera débloquée que si les entreprises sont déficitaires. Mais le problème, c’est que pour savoir si on est déficitaire il faut attendre le bilan. C’est-à-dire la fin de l’année pour toucher de l’argent, éventuellement, l’année prochaine" résumait Bruno Vila (FDSEA) "alors que les factures, nous les payons maintenant !"
"C’est un coup à mourir en bonne santé" ironisait pour sa part Pierre Pagnon (Jeunes Agriculteurs). Quand bien même, les deux syndicats ne s'attendent pas à plus de 3 à 4 M € l’impact des aides envisagées…

Les syndicats ont en outre demandé de nouvelles négociations commerciales pour faire passer des hausses de prix et que tout soit fait pour que les agriculteurs du département puissent travailler en leur garantissant l’accès à l’eau, la sécurisation de l’accès au foncier et de mettre en place des mesures de soutiens adaptées ainsi qu’un moratoire sur le changement de législation concernant les emballages plastiques entrées en vigueur le 1er janvier dernier. Les Jeunes agriculteurs d’Occitanie passeront à l’action le mardi 22 mars pour faire entendre leur voix.

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