Un simple merci [par Dorothée Boyer Paillard]

Un arbre seul sur la colline, encore parsemé de vert, entouré de cendres noires. Un poteau électrique en deux morceaux reliés par un fin bout de tronc, des souches sectionnées par le feu à leur base et les herbes autour intactes, des morceaux de bois morts, un lézard qui court se cacher et, surtout, le silence des cigales.
En quelques instants samedi et dimanche, le travail patient de la nature, des agriculteurs, des chasseurs, de ces hommes et femmes qui œuvrent à la biodiversité a été annihilé à Calce par ces deux incendies successifs comme bien ailleurs dans le département, en France et dans le monde. Une désolation lunaire a fait place à ces terres de garrigues, à ces terres de vignes et d’oliviers, où chaque année nous prenions plaisir à voir les arbres grandir patiemment, sereinement, et sur lesquelles, chaque jour, nos pieds et nos mains se posaient.

Les larmes dans les yeux des agriculteurs, ayant perdu une grande partie du foncier et, surtout, en cette veille des vendanges, l’incertitude de pouvoir récolter le travail d’une année. Être agriculteur est un sacerdoce. Quand ce ne sont pas les désastres de la nature, la grêle, les inondations… ce sont désormais les incendies qui ravagent ce que nous savons faire de mieux : aimer la nature, l’entretenir et la préserver.

Mon époux et moi-même, personnellement, nous tenions à remercier les pompiers, d’ici et des autres régions, femmes et hommes, les pilotes des canadairs, Dash et hélicoptères, et tous ceux à l’arrière du feu qui ont œuvré à sauvegarder notre patrimoine collectif.
Votre dévouement à la protection des populations en tout temps, tout lieu, fait de vous des personnes exceptionnelles. La fatigue qui se lisait sur vos visages n’avait, elle, pas de mots. Et ceux-ci ne sont jamais assez forts, pourtant c’est ce que nous vous offrons : un merci infini venant du cœur.
Et malgré cette fatigue que vous portiez, un d’entre vous nous a dit ces mots profondément touchants : “Merci à vous les agriculteurs, merci de votre participation à la protection de l’environnement et des paysages, sans les vignes et les oliviers, sans ce que vous faites, nous ne pourrions pas intervenir comme nous l’avons fait”.
Ces quelques échanges ont soulagé les peines et l’accablement, le coup de massue que nous venions de prendre de plein fouet.
Alors simplement et une nouvelle fois : merci à vous tous.

One thought on “Un simple merci [par Dorothée Boyer Paillard]

  • 11 août 2022 à 13 h 49 min
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    Quand ce n’est pas VERT c’est L’ENFER !
    .
    Une nature sèche c’est une nature MORTE qui chauffe et qui brule … quand c’est bien VERT c’est bien VIVANT c’est 20°c de moins et ça ne brule JAMAIS : la SEULE et UNIQUE façon de baisser les températures c’est d’arroser (20°c de moins, l’évaporation de l’eau absorbe 60% de l’énergie solaire) … TOUTES les villes arrosent sans compteur et sans taxe, elles arrosent même le béton et les routes du tour de France … TOUTES les forêts qui brulent dans le monde sont des forets de conifères (ou des zones sèches) … Le conifère transpire DEUX FOIS MOINS, donc évacue DEUX FOIS MOINS de chaleur, apporte DEUX FOIS MOINS de pluie que le feuillu et brule TOUS les étés …
    .
    On va bientôt découvrir que l’eau des villes n’a jamais été recyclée mais diluée dans les rivières parce que le système d’épuration vendu par Véolia (dans le monde entier n’a jamais fonctionné correctement) … La seule et unique façon de perdre de l’eau douce c’est de la jeter en mer … En Nouvelle Aquitaine les rejets urbains (pluies et eaux usées) représentent un volume DIX fois plus importants que les besoins agricoles l’été … on aurait de quoi irriguer la TOTALITÉ des champs sans prélever une goutte dans les nappes phréatiques … Actuellement les rejets urbains sont trop toxiques pour être exploités en agriculture … même l’ OFB ferme les yeux …

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