Un p’tit air de résistance [par Karo et Didoo]

En cette fin d’été perturbé par ce climat autrement plus imprévisible que nos politiques en tous genres, climat qui, entre incendies et sécheresse, a un peu gâché les vacances, nous voici arrivés à la semaine de la rentrée et quelle rentrée ! Fin de l’abondance / délestage de l’énergie / absence de produits de première nécessité, etc. Et mettre dans la même phrase “passer au tout électrique” et “on n’aura pas assez d’électricité”, il fallait le faire.

Alors nous avons pensé pouvoir RÉSISTER… Et bien sûr, quelle belle chanson nous est venue et de quelle artiste avons-nous envie de parler… Vous l’avez deviné ! Elle s’appelait France Gall et, comme à notre habitude, nous allons faire un tour dans sa biographie. Née Isabelle Gall en 1942 à Paris, issue d’un milieu artistique, son père est auteur chanteur, et sa mère cofondatrice des “Petits chanteurs à la croix de bois”, ses oncles sont compositeurs et musiciens. Elle verra chez ses parents Hugues Auffray, Marie Laforêt, Claude Nougaro et, enfant, elle ira aux concerts d’Edith Piaf, Charles Aznavour, Bécaud, etc.

Elle s’essaiera au piano, puis à la guitare et jouera avec ses frères dans un petit orchestre, sur les plages l’été et à Paris l’hiver ! Son milieu est propice à sa carrière qui débutera en 1963 grâce à des chansons écrites par son père et bien d’autres compositeurs français, dont Gainsbourg, diffusées sur les ondes.
En 1964, “Sacré Charlemagne” explosera en France, en Europe et même en Turquie et en Algérie.
En 1965, avec “Poupée de cire, poupée de son” elle obtient le Grand Prix de l’Eurovision pour le Luxembourg, qu’elle enregistrera en allemand, italien et japonais. Ce succès dépassera les frontières européennes mais le public français lui reprochera de ne pas avoir chanté pour la France.
Est-ce pour cela que sa carrière sera en dents de scie ou est-ce pour l’image péjorative donnée par les paroles vulgaires (ou suggestives…) de Gainsbourg ?

Heureusement, sa rencontre avec Michel Berger nous offrira de quoi chantonner sur notre mobylette, dans notre voiture, en bêchant le jardin, ou en cuisinant…
Vous vous rappelez ! “Tout pour la musique”, “La groupie du pianiste”, “Viens je t’emmène”, “Il jouait du piano debout”, “Donner pour donner” “Diego”, “Cézanne”, ou “Babacar”, “Évidemment”, “Hong Kong star” ou celle qui vous a fait rêver ou rencontrer l’amour !

L’Afrique…

Il est intéressant de s’arrêter sur ce “qu’en reste-t-il aujourd’hui ?”. D’un concert au Zénith, le souvenir qui demeure est cette complicité avec le public, ces chansons incontournables que tous connaissent, cette jolie petite blondinette d’1 mètre 59 qui a caché derrière son sourire une grande personnalité. Il faut rappeler que c’est elle qui inspire l’écriture de “Comme d’habitude (My way)”, ce n’est pas rien, il faut en convenir. Il faut parler aussi de son engagement en Afrique, pas du blabla, comme d’autres, mais à Dakar, au Sénégal, où elle se rend depuis 1969, elle co-fonde avec Abdoulaye Diallo, l’association “Les Amis de N’gor”. Elle fait construire une résidence dans l’île de N’Gor
en 1990 ainsi qu’un restaurant et une école. Elle a pris de la distance avec sa carrière pour s’occuper de Pauline, née le 14 novembre 1978 et morte le 15 décembre 1997 de la mucoviscidose.
À la veille d’octobre qui sera rose aussi, n’oublions pas son combat contre le cancer.

Cette chanteuse, née dans un milieu favorisé, n’a pourtant pas vogué sur la facilité et a suivi son rêve, affirmant que si “Ce monde n’est pas le tien, viens, bats-toi, signe et persiste, résiste”.Elle avait compris que pour être heureuse il faut “Chercher son bonheur partout, et refuser ce monde égoïste, résiste”.

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