Tomate et concombre : le soleil fait du bien [par Yann Kerveno]

Les fruits d’été sont partis sur des bases de petite année pour cause de météo. Mais qu’en est-il du concombre et de la tomate ?

Tout a bien commencé, mais ça, c’était avant. Voilà en gros ce que peuvent dire en chœur les producteurs de tomates et de concombres des Pyrénées-Orientales. “L’entame a été bonne puis, avec la météo, tout s’est un peu dégradé en avril et en mai” confirme Bruno Sangerma, de Saveurs des Clos à Ille-sur-Têt, une entreprise qui figure parmi les toutes premières du secteur en France. La bascule de météo à la fin du mois de mai et au début de juin a rendu le concombre plus attractif et le marché s’est animé depuis lors. “La météo a vraiment un rôle majeur dans la consommation du concombre, mais le paysage évolue fortement ces dernières années” explique-t-il. “Le concombre est de plus en plus consommé en France et, pour répondre à cette demande, de plus en plus de surfaces sont mises en place. On assiste aujourd’hui à pas mal de conversions de cultures de la fraise ou la tomate vers le concombre chez les producteurs.”

De 3 000 à 12 000 tonnes

Le groupe Saveurs des Clos essaye de suivre cette évolution. “Nous travaillons à allonger notre présence sur le marché dans l’année” explique encore Bruno Sangerma. Avec en particulier des plantations plus précoces, dès la mi-décembre, pour être ainsi capables de tenir dix mois sur douze. Et la concurrence ? Elle est européenne, avec l’Espagne en début et en fin de saison et les Pays-Bas en cœur de campagne. Même si la crise du “concombre tueur” de 2011 a un peu diminué l’influence des producteurs bataves. “Aujourd’hui, les distributeurs sont très sensibles à l’origine France à cause de cela, mais aussi grâce au
travail mené par l’organisation collective qui structure efficacement la production au niveau national.”

Pour Saveurs des Clos, les concombres sont produits par une vingtaine de producteurs d’Ille Fruits et quatre producteurs – apporteurs non-coopérateurs. En six ans, la production est passée de 3 000 à 12 000 tonnes. “En 2020, nous avons racheté avec la coopérative une serre à Alénya justement pour sécuriser nos apports précoces sur le marché…” La campagne tomate a, pour sa part, connu un départ sensiblement similaire à celui du concombre. “Tout avait bien commencé” rappelle Bruno Vila, “la consommation était soutenue et bien orientée sur les tomates françaises jusqu’à fin avril et début mai. Nous avions alors déjà des volumes assez représentatifs sur le marché.”

Au delà d’un euro

Et là, comme pour le concombre, la météo est venue donner un grand coup de frein à ce contexte plutôt favorable. “Le mois de mai a été plutôt compliqué sur l’ensemble de la gamme, à l’exception des petits fruits, des tomates cerises pour lesquelles le marché a été acceptable. Dans l’ensemble, les prix ont été assez bas, l’écoulement a été moyen, mais ce n’était pas catastrophique et il n’y a jamais vraiment eu de stocks pour faire plonger le marché.” Avec le beau temps et la chaleur, les choses se sont inversées. “Depuis dix jours, paradoxalement, nous n’avons plus assez de produits pour fournir les marchés et les prix sont bien remontés” ajoute Bruno Vila. De 50 centimes, 70 centimes pour les tomates grappe, les prix ont dépassé un euro. “Il suffit finalement de peu de choses, pour le moment la saison est moyenne et acceptable.” Gageons que les températures plus qu’estivales annoncées pour les semaines qui viennent pourront maintenir cette tendance !

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