Syndicalisme : la lettre de David Drilles aux vignerons

Chers vigneronnes, chers vignerons, par ce courrier, je tenais déjà à me présenter auprès de certains d’entre vous et pour d’autres, concrétiser mon élection au poste de président du Syndicat des Vignerons.

Quelle fierté ! Quel honneur ! C’est par ces deux expressions que je traduirai mon ressenti et développerai succinctement ma présentation. Présentation qui n’a que peu d’importance car l’important c’est vous ! Quelle fierté de reprendre le flambeau après toutes ces personnes charismatiques qui ont jalonné la vie de ce syndicat avec toute son histoire si profonde, si riche, que j’ai entre-aperçue à travers la lecture du livre de Pierre Dauga “Histoire de la Viticulture des Pyrénées Orientales au XXe siècle”.
Quel honneur pour moi, fils de père banquier et de mère infirmière, après quatre années passées à la tête des JA, d’avoir la chance d’essayer de représenter au mieux notre profession. Si belle mais si souvent salie, si noble mais si souvent stigmatisée et décriée. Tout ceci ajouté à une situation économique déjà difficile et qui n’a de cesse de se dégrader entre difficultés de marchés, aléas climatiques, Covid 19… La liste n’est pas exhaustive.
Conséquence : le moral des troupes est en baisse. Oui, j’entends depuis longtemps déjà, nous étions plus nombreux avant, le syndicalisme ne gagne plus rien, nos élus ne nous comprennent plus, on ne nous entend plus…Je vous répondrai une simple chose et cela va me permettre de faire la transition avec ma deuxième partie : Arrêtons de voir le verre à moitié vide !

Nous sommes peu, mais nous sommes encore là ! Les temps sont durs, mais nous ne rechignons pas à nous lever chaque jour ! On nous stigmatise, nous répondons par le travail en multipliant les efforts sur nos exploitations pour faire évoluer nos pratiques culturales. Tout cela pour rendre nos exploitations pérennes et satisfaire les consommateurs à travers les multitudes de Labels créés à cet effet (HVE3, Terra Vitis, Bio pour les plus usités).
Non, nous n’avons pas baissé les bras. Non, nous ne devons pas les baisser. Nous sommes les gardiens de ces paysages, de cette culture, de ce monde rural qui véhicule tant de valeurs sociales. N’en déplaise à nos énarques !
Alors oui, tout se modifie mais vous savez comme moi : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme : notre travail, nos façons de vivre, et de ce fait, le syndicalisme. Vous me direz : mais pourquoi fait-il ce parallèle ? Et bien je vais vous l’expliquer. Hier, les victoires syndicales, quand nous étions nombreux se remportaient en majorité dans les rues. Cette époque où les agriculteurs faisaient trembler les rues, les murs des DDA et des préfectures en foulant le sol à grand renfort de tracteurs… Ils le faisaient à l’unisson !

Aujourd’hui, toutes les avancées et les victoires ne se font plus à pied, mais sur un terrain beaucoup plus pernicieux, bien souvent atteint de réunionites aiguës lors desquelles nous tentons d’adapter la lecture des textes à nos problèmes, qui eux, sont bien factuels. C’est un jeu pour lequel bien souvent nous partons perdants, car nous avons, de par notre statut d’agriculteur, bien souvent trop peu de temps pour saisir les subtilités des textes ou des cadres définis par l’administration.
Mais nous avons devant nous une victoire syndicale ! Oui, c’en est une ! Chacun d’entre nous doit en prendre conscience. TOUT le département est éligible ; dans un premier temps, pour l’enveloppe MSA car TOUT le département est classé à 31 % de perte. Tout le département sauf le secteur de la Côte Vermeille. Cela signifie quoi pour vous ? Que chacun d’entre vous doit remplir son dossier MSA (la demande de Calamité agricole et le dégrèvement de TNFB suivront). Sans écouter vos comptables qui vous disent que cela ne vous servira à rien (vous avez 31 % de perte avérée sur toutes les communes donc un accompagnement peut être demandé). Sans vous écouter quand vous pensez que cela sera une perte de temps. Ce n’en est pas une !
Ce dossier, qui vous permettra d’être exonéré d’une somme non négligeable, est important pour vous ! Et aussi pour le collectif. Comme pour battre le pavé, il faut cette fois-ci utiliser son stylo ensemble ! Qu’avez-vous à y perdre ? Une heure de votre temps. Qu’avez-vous à y gagner ? Que l’ensemble de nos demandes aboutissent, et que l’on voit que les agriculteurs de ce département sont solidaires face à toutes ces complications de ces trois dernières années, ponctuées par une année 2021 catastrophique à tous niveaux.

Durant mes quatre années en tant que président des JA, j’ai été de tous les combats car je crois en notre territoire. C’est avec la même abnégation que je compte bien honorer la confiance que vous avez placée en moi en me nommant à ce poste. Ce dossier en est la preuve. La balle est dans votre camp maintenant, à vous de marquer l’essai.
Syndicalement.

David Drilles

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