S’installer en apiculture : oui, mais comment ? [par Georges Yau]

“Devenir apiculteur”, voilà un vœu que partagent de nombreux porteurs de projet. Mais du rêve à la réalité, il est nécessaire d’avoir toutes les informations pour une installation réussie !

La Chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales a donc multiplié les initiatives en 2021 : étude sur la transmission des exploitations apicoles, organisation d’une journée d’information sur l’installation en apiculture, le 16 décembre dernier, à laquelle assistaient 20 futurs apiculteurs, suivie d’une journée de formation le 24 janvier, animée par l’ADA Occitanie (Association de développement de l’apiculture). Plusieurs intervenants spécialisés ont ainsi pu aborder les points essentiels.

S’installer progressivement : Tony Guerin, aujourd’hui apiculteur professionnel, explique à travers son parcours qu’une installation en apiculture doit se faire progressivement. “Ça permet de monter en technicité avant de se retrouver à la tête d’une exploitation professionnelle qui compte souvent 200 à 300 ruches”. Cela permet aussi de repérer de bons emplacements, de créer un réseau commercial, d’acquérir petit à petit du matériel et d’augmenter son cheptel à moindre coût. Estelle Collonges, du Centre de formalités des entreprises de la Chambre d’agriculture, rappelle qu’entre 50 et 199 ruches, un apiculteur est considéré comme “cotisant solidaire” par la MSA. Il est donc possible de développer une activité déjà significative avant de franchir le cap de l’installation à titre professionnel, qui est automatique à partir de 200 ruches.

Des aides pour s’installer : Georges Yau, chargé de mission au service Entreprises de la Chambre d’agriculture rappelle que l’aide à l’installation “Jeune agriculteur”, réservée aux candidats de moins de 40 ans, titulaires de la capacité professionnelle (ou dérogation), permet d’obtenir un bon coup de pouce au démarrage, grâce à une aide en trésorerie (DJA) dont la moyenne en apiculture dans les P.-O. est de 39 145 €. Mais si vous n’êtes pas éligibles à la DJA, la Région propose également un “Pass Installation”, avec à la clé une aide en trésorerie de 5 000 à 6 000 €, complétée par une aide aux investissements de 40 % sur un maximum de 10 000 € d’investissements. Pour ces 2 dispositifs contacter le Point accueil installation (04 68 51 90 80).

Des aides pour investir : Anne-Charlotte Metz de l’ADA Occitanie a rappelé les aides existantes (conditions spécifiques pour chaque mesure) :
– ruches, essaims, reines, matériel de transhumance notamment : aide de FranceAgriMer, réservée aux détenteurs d’au moins 50 colonies ;
– construction et équipement d’une miellerie, dispositif Région “PCAE 421”, prise en charge de 30 à 50 % des investissements éligibles ;
– acquisition de hausses en particuliers : 40 % d’aide par la Région avec le “Pass élevage” ;
– investissements matériels pour les nouveaux exploitants installés depuis moins de 5 ans (PCAE 411) : 40 % sur un maximum de 15 000 € d’investissements éligibles ;
– “mesure apicole” : contrat de 5 ans avec l’État, qui accorde 21 €/ruche/an en contrepartie d’engagements sur l’emplacement des ruches.

Mais aussi des points de vigilance : Daniel Boubel, le président de l’Union syndicale apicole du Roussillon, qui regroupe la majorité des apiculteurs du département, a rappelé l’importance de la lutte contre le varroa, un acarien parasite de l’abeille suspecté de favoriser aussi la transmission de nombreuses maladies. L’autre fléau auquel s’attelle cet apiculteur et son association est la lutte contre le frelon asiatique, dont la pression sur les ruchers peut être si forte qu’elle oblige l’apiculteur à enlever ses ruches. Enfin, Daniel Boubel souligne la difficulté que rencontrent les nouveaux apiculteurs pour trouver de bons emplacements, notamment depuis que l’ONF a augmenté ses tarifs de location et en raison de la densité de ruches dans le département.

La formation : la Chambre d’agriculture en partenariat avec l’USAR et l’ADA Occitanie organisent chaque année des formations. Les suivre est essentiel pour progresser techniquement.

Une coopérative pour se lancer : enfin l’après-midi a été consacrée à la visite de la Coopérative d’Ortaffa, qui permet d’avoir accès à du matériel performant à moindre coût et d’intégrer la marque développée par la coopérative (Mela terra).
Armés de ces informations, les porteurs de projet peuvent donc entamer une installation en s’entourant d’un maximum de conseils et d’éventuelles aides financières, souvent nécessaires au lancement de l’activité. Sans oublier que la formation et l’expérience sont indispensables avant de se lancer à échelle professionnelle.

Liens utiles :
https://po.chambre-agriculture.fr/
https://www.adaoccitanie.org/

http://www.usar.fr/
https://www.ja66.fr/point-accueil-installation-pai/
https://melaterra.fr/

Georges Yau
Service Entreprises
Chambre d’agriculture des P.-O.

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