Rivesaltes en voie de relookage [par Yann Kerveno]

L’appellation cherche à relever un double défi : fournir ses marchés et aller chercher une clientèle plus jeune…

L’appellation Rivesaltes compte bien obtenir la révision de son appellation d’ici à cet été pour que les changements puissent s’appliquer pleinement sur la récolte 2021. Qu’en est-il exactement ? Il s’agit, techniquement, de ramener la période de vieillissement des Rivesaltes à 24 mois au lieu de 30 aujourd’hui. Ce travail, engagé par Antoine Cesco, et repris par son successeur, François Capdellayre, est entré dans sa phase finale, les vignerons de l’appellation n’attendent plus que la décision de l’Institut national des appellations d’origine. “Cette évolution du cahier des charges doit en effet nous permettre de répondre à deux défis” précise François Capdellayre. “Le premier, c’est de pouvoir recoller au marché en ayant la possibilité de mettre les Rivesaltes en marché plus tôt. Le deuxième, c’est aussi, en gagnant six mois, de pouvoir proposer des Rivesaltes un peu moins typés, plus fruités parce qu’ils seront moins vieux. Et d’aller chercher une clientèle différente, peut-être jeune.” Sans rompre toutefois, sur le marché des millésimes ou des hors d’âges, avec les spécificités des Rivesaltes tient-il à préciser. “Et c’est ce socle qui nous donnera les moyens de continuer à produire le haut de gamme.”

Plan de relance

“Cela va concerner environ 80 % des volumes, en gros la part acquise par le négoce. Alors c’est un marché qui n’est certes pas extrêmement bien rémunérateur, par rapport aux autres catégories de Rivesaltes, mais c’est un marché, c’est rare, sur lequel nous avons de la visibilité sur les volumes et sur les prix.” Cette modification du cahier des charges une fois entérinée, elle est en vigueur à titre dérogatoire depuis la vendange 2018, doit aussi venir appuyer un plan de relance entamé l’an passé.
“Pour pouvoir répondre à la demande du négoce, il nous fallait un petit coup de pouce. C’est ce que nous avons mis en place avec l’aide du Crédit Agricole pour amener un peu de trésorerie dans les entreprises et les premiers résultats sont engageants. La vendange 2021 a vu les volumes progresser de 33 %, nous sommes parvenus à atteindre environ 35 000 hectolitres” ajoute le président de l’appellation. “C’est grosso modo ce dont nous avons besoin pour fournir la demande du négoce.”

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