Parce que rien n’est jamais simple 2022 – #7 [par Yann Kerveno]

Déméter

Ils ont crié bien fort mais pour autant la victoire n’est pas complète. Du moins, pas autant que clamée. Cette victoire revendiquée, c’est celle de la “dissolution” de la cellule Déméter, mise sur pied par le ministère de l’Intérieur pour protéger le monde agricole des intrusions qui défraient la chronique. Le juriste Arnaud Gossement a lu et commenté, le jugement du tribunal administratif de Paris. Et vous le savez, les choses ne sont pas si simples qu’on l’a claironné. Le tribunal a donc rejeté une première demande de deux associations, Pollinis France et Générations Futures, qui réclamaient l’annulation d’une convention entre le ministère de l’Intérieur et deux syndicats agricoles visant à “renforcer la sécurisation des exploitations agricoles par les gendarmes.” Le Tribunal a ensuite rejeté la demande de L214 visant à annuler le refus du même ministère de résilier cette convention.

Pas dissoute

La seule demande à laquelle accède le tribunal est une deuxième demande de L214 visant à annuler la décision du ministère de faire certaines missions de la cellule, en particulier celle de prévenir les actions dites “de nature idéologique…” Or ce type de mission n’entre pas dans les attributions de la gendarmerie, d’où la décision des juges. Conclusion du juriste : la cellule n’est nullement dissoute, elle pourra continuer d’œuvrer à la prévention des actes de dégradations et le ministère est sèchement renvoyé à son amateurisme sur la deuxième partie pour laquelle, il eut fallu qu’il passe par la loi. Pour ceux que l’exégèse juridique passionne, le jugement est en ligne sur le site du tribunal administratif de Paris.

La fin des oléagineux ?

Revenons sur le plancher des vaches avec le monde étourdissant de la finance et son appétence pour les nouvelles technologies. Une start-up de San Franciso est parvenue à lever 37 M $ afin de développer son procédé de fabrication de corps gras par fermentation. Qu’on ne s’y trompe pas, la start-up s’appelle “Zero Acre Farms” (la ferme sans hectare) et a pour vocation de libérer la terre des cultures d’oléagineux qui l’encombrent. En Éthiopie, les autorités du pays ont bloqué l’exportation de deux variétés d’avocats au prétexte qu’ils ne sont… pas mûrs. Et pourraient nuire, ainsi délivrés sur le marché, à la réputation de la production nationale.

Vertiges

Au Bénin, le gouvernement a relevé les taxes sur les exportations pour freiner l’inflation des produits alimentaires dans le pays. C’est encore réservé aux pays riches, mais le “vertical farming”, les fermes verticales, se développe en particulier au Canada où la méthode permet de recycler de vieux bâtiments liés à l’élevage ou s’inscrire dans un schéma de vente directe de la ferme verticale à l’assiette du consommateur. On savait sinon que les chats ont une influence non négligeable sur la biodiversité, en chassant les oiseaux par exemple, mais une équipe de chercheurs s’est attaquée à une question bien plus triviale : l’impact des déjections des chiens dans les espaces périurbains où les propriétaires les conduisent pour balader.

Une taxe ?

Et leurs conclusions sont sans équivoque, oui les apports en azote et en phosphore liés à la fréquentation des chiens sont significatifs et ils vont jusqu’à préconiser de sensibiliser, dans les zones les plus fragiles, les propriétaires au ramassage des étrons canins. Comme en ville. On attend maintenant une taxe nitrate sur les animaux de compagnie ! À Phœnix, Arizona, aux États-Unis, la commune a mis en place un programme pour attirer de nouveaux agriculteurs dans les fermes des alentours. Enjeu ? Remplacer à court terme la génération d’agriculteurs en place âgée en moyenne de 61 ans, pour renforcer le système alimentaire local.

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