Menaces sur l’irrigation !

200 agriculteurs ont répondu présents pour se mobiliser face aux menaces sur l’irrigation.

Les président(e)s des quatre organismes : Chambre d’agriculture, FDSEA, JA et Syndicat des vignerons avaient donné rendez-vous lundi 8 novembre dans l’amphithéâtre du Crédit agricole Sud Méditerranée afin de débattre sur les problèmes que rencontrent et vont rencontrer les irrigants. Le ton a été donné dès l’introduction de cette réunion (salle comble !) avec des perspectives peu positives si l’administration, les règlements, les dispositions législatives et autres procédures actuelles perdurent à fragiliser jusqu’au découragement et à l’abandon les agriculteurs.
Le constat est partagé : pas d’agriculture sans eau dans les Pyrénées-Orientales, un changement climatique dont on subit déjà les conséquences. Mais heureusement des ressources en eau propres au territoire qu’il convient de préserver mais qui peuvent satisfaire tous les usages à condition d’être tous raisonnables. À condition aussi, dès maintenant, d’aménager des infrastructures pour de nouvelles ressources. Mais malheureusement, ce qui est partagé aussi ce sont les nombreux obstacles qui, si rien ne change, nous amènent droit vers la disparition de l’agriculture !
La Chambre d’agriculture a présenté de manière synthétique et très pédagogique les problèmes actuels qui handicapent et menacent très clairement l’irrigation. Un des objectifs de la réunion était d’expliquer ce qui se passe et en quoi les dispositions ou règles qui s’annoncent sont pénalisantes pour l’agriculture. Des conséquences catastrophiques pour l’avenir alors que la problématique de la souveraineté alimentaire est à l’ordre du jour. Il était aujourd’hui urgent que les agriculteurs soient sensibilisés. Et l’objectif est atteint : les messages sont passés et bien passés, comme en témoignent les débats et la motivation pour participer aux mobilisations que les syndicats pourront déclencher.

Des sujets majeurs

Débits réservés en augmentation, procès engagés par FNE pour casser les débits fixés en concertation avec l’État et pourtant parfaitement légaux.
Les droits d’eau ancestraux remis en cause : c’est une perte de patrimoine du territoire et la disparition lente de l’irrigation.
La volonté de l’administration, contre tous les acteurs du territoire, de classer l’aval de la Têt en déséquilibre avéré (zone de répartition des eaux : ZRE) alors que deux barrages stockent plus de 35 millions de m3.
Les forages agricoles menacés de fermeture alors que les agriculteurs ont volontairement identifié leurs prélèvements.
La difficulté de monter des projets de retenues d’eau alors que c’est évidemment une stratégie prioritaire.
La menace grave sur les canaux et ASA : relèvement des redevances, suppression des rascloses, fragilisation des syndics et bénévoles.
Des administrations : DREAL et Agence de l’Eau ,opposées au développement du territoire et fléchant les financements sur l’eau de masses d’eau faisant abstraction de toute activité humaine.
À l’inverse, le ministère de l’Agriculture a pris conscience de l’enjeu irrigation en lançant le Varenne de l’eau, initiative positive même si le calendrier très court pénalise l’expression de propositions prospectives, notamment sur le volet : “nouvelles ressources”.

Des demandes de la profession

La profession va continuer le travail afin de faire aboutir les points suivants :
• L’abandon de la proposition de placer la Têt en ZRE.
• La suppression de la ZRE des nappes quaternaires.
• Le retrait des mesures du SDAGE/PDM “re-révision des débits réservés” et des droits d’eau.
• L’inclusion des stockages identifiés par la Chambre d’agriculture dans le SDAGE/PDM.
• L’assurance écrite et explicite d’assurer une desserte en eau à toutes les parcelles ayant un forage entré dans la démarche de régularisation.
• Le respect par l’administration de la possibilité prévue aux PGRE de remobiliser une partie des économies d’eaux réalisées.
• Nous donner les moyens d’expertiser les débits réservés dans un contexte de dérèglement climatique et en intégrant le souci des activités humaines.
• Amender le code de l’environnement pour une prise en compte des spécificités du climat méditerranéen et des canaux gravitaires.
• Dédier une enveloppe financière “Territoires” permettant de préfigurer une coordination et une concertation d’un plan d’aménagement, de maillage et de stockage de la ressource. Il s’agit notamment d’obtenir le bon aboutissement du dossier transmis au Premier ministre en février afin d’accompagner financièrement les travaux de la profession.
• Réaliser, à l’échelle départementale, une mission d’ingénierie hydraulique visant à construire un plan d’aménagement, de maillage et de stockage de la ressource
• Mobiliser un ingénieur d’État sur la mission stockage et maillage pour le département des Pyrénées-Orientales.
• L’appui sans réserve de l’État et de la DDTM dans la défense contre FNE sur les débits réservés de la Têt.
Une mobilisation indispensable et bien comprise par les agriculteurs !
Une forte mobilisation des agriculteurs est nécessaire. Elle a été bien comprise et validée par les 150 participants prêts à relayer le message.
D’autre part il faut continuer à s’allier nos élus locaux, c’est la mission de chaque agriculteur de rencontrer ses élus à ce sujet. La profession agricole insiste sur la notion de concertation et de co-construction d’un projet territorial “eau” avec l’ensemble des acteurs locaux du territoire. Et poursuivre l’effort de participation de tous les agriculteurs dans les instances “Eau” du département, dans les collectivités, dans les syndicats de bassin, etc.

Des prochains rendez-vous

Le 10 novembre une délégation est reçue par la conseillère agricole du Premier ministre. Un autre rendez-vous est en cours de programmation avec le ministre de l’Agriculture.
Enfin, d’ici fin novembre ou tout début décembre une réunion avec tous les élus locaux : maires, conseillers départementaux et régionaux, députés et sénateurs sera organisée.
La mobilisation des acteurs du territoire est indispensable pour le sauver à travers l’agriculture.

Chambre d’agriculture, FDSEA, JA et Syndicat des vignerons

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