Lettre à Christophe Castaner, docker marseillais ! [par Jean-Paul Pelras]

Monsieur,
pressenti pour présider le conseil d’administration de la société Autoroutes et tunnel du Mont-Blanc, détenu majoritairement par l’ État et les collectivités territoriales, mais également le poste de ministre d’État à Monaco, vous venez finalement d’être nommé, avec l’ancien PDG d’Orange Stéphane Richard, au Conseil de surveillance du Grand port maritime de Marseille. Précisons que l’élection au poste de président, pour lequel vous êtes également pressenti, se déroulera le 25 novembre prochain.

Après Castex à la RATP, Buzyn à l’OMS et à la Cour des comptes, Pénicaud à l’OFCE, Sibeth à l’Adecco, Bourguignon à l’Inspection générale des Affaires sociales, Wargon à la Régulation de l’énergie et toutes celles et ceux qui ont, ou qui vont, malgré leurs débâcles électorales ou leurs démêlés juridiques, pouvoir bénéficier de quelques promotions, vous voilà donc parti pour accoster sur la Canebière. Permettez-moi, à ce titre, d’en profiter pour solliciter vos relations, car j’ai quelques petits cousins, cordonniers ou mécaniciens, spécialisés comme vous dans la pantoufle et le piston, qui cherchent à embaucher dans ces entreprises où l’employeur n’est pas très regardant sur le curriculum vitae.
Ce qui semble être souvent le cas, ces temps ci, concernant le recyclage des recalés de la macronie. Un mercato où, sans même avoir à traverser la rue, chacun finit par embaucher, que ce soit comme vous dans la cité phocéenne, du côté de Lutèce dans le métro, au Conseil constitutionnel où siègent Mezard et Gourault, sans oublier BFMTV qui semble ne plus pouvoir se passer des services de Bachelot. Une rafale d’attributions souvent décriées par l’opposition et, en ce qui vous concerne, par les syndicalistes du Port qui avaient déjà manifesté leur désapprobation concernant votre éventuelle nomination. Et pourtant, désigné par arrêté du ministère de la Transition écologique dans le collège des personnalités qualifiées, vous avez été choisi “en raison de vos compétences”, peut-on lire dans le Journal officiel.

Quel parcours Monsieur Castaner, quel parcours ! Depuis votre jeunesse rocambolesque du côté de Manosque jusqu’à ces ambitions politiciennes lorsque vous disiez “télécharger le journal la Provence à 5 heures du matin pour voir s’il n’y avait pas une photo de vous dans l’édition du jour”. Notons que l’épisode des Gilets jaunes et son cortège d’éborgnés vous a, par la suite, offert l’occasion de compléter votre press-book et d’asseoir, enfin, votre notoriété. Celle qui, à l’instar de Vidocq vous a permis de passer du “kéke” joueur de poker dans les milieux marseillais au “ministère de la Sureté”. Avant d’accoster sur ces “quais” que la République offre depuis Paris à ceux qui croient être arrivés sans jamais être partis.

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