Les frais de représentation des élus nous emmerdent ! [par Jean-Marc Majeau]

Coralie Dubost : députée LREM, vice-présidente du groupe à l’Assemblée , proche de Richard Ferrand et (ex) compagne d’Olivier Veran… Du beau linge ! Alpaguée par Médiapart pour avoir puisé dans ses “frais de mandat” pour des dépenses somptuaires, “l’étoile montante” de la Macronie plaide l’étourderie ! 2 500 balles de fringues tous les mois ! Dont 500 balles de petites culottes… Sans déconner ? Il faudra que cette princesse nous précise si, dans le monde qu’elle côtoie au quotidien, elle connaît beaucoup de gens qui achètent pour 30 000 € de frusques par an par étourderie ! Remarquez, au frais du contribuable, je me félicite du fait que son appétit ne fut pas plus féroce ! Le plus hallucinant dans cette affaire reste le fait que notre chère (très chère) députée, plaide l’innocence. Elle justifie ces dépenses par l’achat de “tenues de mandat”, destinées à des “réunions de travail”… Ceci expliquant peut-être cela en justifiant le port de nuisettes lors des séances tardives au palais Bourbon.

Elle évoque aussi des réunions professionnelles de “team building” à la plage de Palavas… Certains en font encore au Cap d’Agde. Mais ça porte un autre nom… La lingerie fine y est exigée ! Et ça renforce, effectivement, la cohésion des groupes ! Dis donc Coralie, tu ne nous prendrais pas pour des truffes ? Je rappelle, pour ceux qui l’ignoreraient, qu’outre les 5 373 € de frais de “représentation”, les députés perçoivent 7 239,91 € d’indemnité et 18 950 € annuels de dotations diverses, tout en bénéficiant d’avantages divers, dont la gratuité du transport et 1 200 € d’indemnité de logement… Comme dirait l’autre : “un pognon de dingue” ! À l’heure où l’on stigmatise les bénéficiaires de l’ARS, traitant de fainéants les chômeurs de longue durée, alors que le futur gouvernement, pas encore nommé, se prépare déjà à utiliser le 49-3 pour imposer le recul de l’âge légal de départ à la retraite, nos élus se vautrent dans le luxe et la gabegie, sans remord ni culpabilité.

Certains me diront que cela ne date pas d’hier. Roland Dumas et ses pompes à 1 100 balles, Aquilino Morelle qui se les faisait cirer tous les matins, Balkany, Guéant, Fillon, Cahuzac… Ils sont nombreux à avoir défrayé la chronique. Mais ce qui choque le plus, aujourd’hui, alors que notre jeune président avait fait de la moralisation de la vie publique son mantra, c’est de constater à quel point cette escroquerie d’État est devenue habituelle. Exponentielle même ! Et à quel point les instances qui devraient la réprimer sont devenues inoffensives : le PNF est sous la tutelle du ministre de la Justice, en conflit ouvert avec lui !

Ils sont nos obligés et non pas nos maitres

Aucune mesure cœrcitive, aucune pénalité n’est infligée aux contrevenants, qui se contentent de prétendre qu’ils ont remboursé les indus, sans aucune preuve. Et les dérapages se multiplient : De Rugy et ses homards, Benalla et son coffre-fort, Ferrand et ses mutuelles, Castex et ses voyages en Falcon, Solère, Flessel, Goulard… J’en oublie ! Tous sont présumés innocents ! Ils s’empresseront de dénoncer une “cabale politique” sur les plateaux de télévision, en expliquant l’inexplicable. Sans aucune contradiction.

Sans présager de leur culpabilité, je tiens pourtant à leur donner une précision : il ne faut pas qu’ils oublient le fait que rien, dans leur mandat électif, ne les amène à devenir des aristocrates intouchables par le seul artifice de leur élection. Au contraire : ils ont accepté une mission, que nous leur avons collectivement confiée. À ce titre, ils sont NOS employés. Et lorsqu’ils se rendent à l’Assemblée, ou sur un quelconque lieu de ce territoire, ils sont NOS obligés et non pas nos maîtres ! À ce titre, redevables de leurs actes et de leurs dépenses, qui sont les nôtres ! Lorsqu’ils rencontrent un citoyen, ce sont eux qui devraient descendre du trottoir pour laisser passer leur “employeur”. Je n’ai aucun respect pour ces élus condescendants qui, sans être personne, ne sont devenus “quelqu’un” qu’à la force d’arrangement poisseux, de viles compromissions et d’abandon de tout ce qui faisait la noblesse de la fonction politique ancestrale.

Sans prétendre que tous sont des truands, on peut cependant admettre que, sans contrôle ni contrainte, nombre d’entre eux perdent la notion de la réalité. Et, comme dans la rue, sans police, sans sanctions ni remise en question, toutes les turpitudes deviennent possibles. Y compris celles qui feraient admettre que pour défendre ses concitoyens à l’Assemblée, il faudrait porter des dessous affriolants à 500 balles et une Rolex au poignet !

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