La grogne des bios face à la PAC [par Yann Kerveno]

Ils estiment que la nouvelle PAC recule par rapport à la précédente.

Les agriculteurs bios ont protesté le 2 juin, à Paris, contre la première version du plan national stratégique présenté par le ministre de l’Agriculture. Président du Civam Bio, Mathieu Maury juge sévèrement les arbitrages rendus il y a trois semaines maintenant par le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie. “On a l’impression que la nouvelle structure de la Politique agricole commune, telle qu’elle est présentée, cherche surtout à ne rien changer à ce qui existait, voir même la part consacrée à la transition encore réduite.”
Pour le département, il pointe plusieurs points noirs qu’il aimerait voir corrigés. Le premier, c’est le devenir de l’indemnité compensatrice de handicap naturel, plus connu sous le nom d’ICHN. “L’Europe ne financera plus que 65 % de ce dispositif contre 75 % dans la PAC précédente et on ne sait absolument pas comment la France pourra financer le différentiel” explique-t-il. Le deuxième point qui pose question c’est l’entrée en vigueur des écorégimes qui vient modifier l’attribution des droits à paiements de base.

Quid de l’aide au maintien ?

“Dans l’état actuel des choses, les droits baissent, qu’on soit en bio ou en HVE 3 d’ailleurs, mais c’est encore plus compliqué pour les exploitations qui pourraient prétendre au premier niveau des écorégimes, il en existe deux, comme une partie des élevages du département. J’ai fait une simulation sur mon exploitation, en bio, cela représente une baisse de 3 000 à 3 500 euros de droits à paiement de base si le système redistributif n’est pas conservé.”
Au delà des écorégimes, la bio est aussi directement concernée qui ne voit pas rétablies les aides au maintien, tandis que les aides à la conversion subsistent. “La poursuite des aides au maintien avait été laissée à l’appréciation des régions, c’est le choix qu’avait fait l’Occitanie. Mais pour demain ?” Les acteurs de la bio sont donc montés à Paris pour manifester contre cette PAC, qualifiée d’injuste et pas assez ambitieuse. La fédération nationale de l’agriculture biologique s’est en particulier emportée contre les écorégimes et la façon dont la France a traité le sujet. Ramenés à deux étages, ils mettent au même niveau de prestation environnementale la certification bio et la Haute valeur environnementale de niveau 3. De quoi, par l’élargissement de la base, réduire grandement l’accès aux subventions liées à ce dispositif.

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