La demoiselle d’Avignon (Par Karo et Didoo)

Nous avons pensé à cette artiste, puis nous avons attendu. Nous l’avons mise sur la touche, en nous disant qu’elle était dépassée et qu’elle n’avait jamais été très en vogue. Et puis nous l’avons réécoutée… Quelle voix incroyable, quelle jolie figure avec ses yeux si souriants, quelle jovialité avec son bel accent. Même si elle n’est pas très grande, cette brune pétillante, avec sa coiffure légendaire et son petit accent bien du Sud, possède une telle voix qu’un grand nombre de pays nous l’ont enviée et l’ont invitée, faisant d’elle  une artiste avec une carrière internationale. Vous l’avez deviné, il s’agit bien de la petite avignonnaise, Mireille Mathieu.

Bien que très discrète et protégeant sa vie privée, il nous faut revenir sur son parcours très particulier, loin des stars parisiennes, mais ô combien appréciée de nos voisins européens, anglo-saxons, asiatiques et russes. Vous pouvez aller pianoter sur votre ordinateur pour écouter quelques-uns de ses plus grands succès (il y en a tellement) et vous laisser bercer en lisant cet article.

Chacun sait qu’elle est issue d’un milieu modeste, son père maçon tailleur de pierre et sa mère au foyer pour élever ses quatorze enfants. Mireille, l’aînée, dut très tôt travailler à l’usine  pour aider ses parents, mais son père, chanteur baryton passionné d’opéra et de grandes voix, l’influencera tellement qu’elle s’inscrira aux concours de chant de son quartier dès l’âge de 16 ans, qu’elle remportera en interprétant “La vie en rose” de son artiste “influenceuse”… Mais c’est le 21 novembre 1965 que le public découvrira Mireille lors de sa première apparition à la télévision, pour le télé crochet le Jeu de la Chance, présenté par Roger Lanzac. Johnny Stark lui propose alors un contrat d’imprésario qui l’emmènera à l’Olympia dès 1966, puis aux États-Unis, elle y chantera avec Tom Jones, Cliff Richards, Paul Anka, les plus grands Américains. Elle rencontrera les puissants de ce monde Poutine, Khadafi, la reine Elisabeth, Ronald Reagan qui l’inviteront à chanter lors de cérémonies commémoratives (le centenaire de la Statue de la Liberté à New York, la célébration des soixante ans de la victoire des alliés sur l’Allemagne à Moscou, le prix de la culture Berliner Zeitung à Berlin…).

130 millions d’album vendus

Sa voix, son professionnalisme, son assiduité, sa persévérance, sa gentillesse la hisseront à un niveau international difficile à égaler. Elle chantera dans onze langues, parcourra le monde entier, et enregistrera 1 200 titres ! Selon sa maison de disques, elle aurait écoulé plus de 130 millions d’albums.
Quelle performance pour ce petit bout de femme dont le public fût son plus grand bonheur, dit-elle.
Le bébête show avait commencé en 1982 et les Guignols de l’Info en 1988, il faut se rappeler cette époque, les années Mitterrand, la gauche socialiste au pouvoir, un univers manichéen où eux seuls étaient ouverts d’esprit, cultivés, experts en tout et spécialistes de l’intelligentsia de l’entre soi ; un désastre intellectuel. Il faut se rappeler de quelle façon ils ont fait passer cette fille pour une niaise, de quelle façon ils ont moqué sa frange et comment ils ont extrait de la chanson “Mon credo” ce “je crois” en un imbécile “je crooooâââ”. Rappelez-vous aussi qu’elle avait soutenu Valéry Giscard d’Estaing en 1974 et qu’elle n’appartenait pas à leur caste. On aboutit à ce paradoxe dont seule l’intelligence parisienne peut se soutenir, une artiste internationalement reconnue pour son talent, boudée, voire même méprisée dans son propre pays.

Mireille, c’est avec une immense admiration, un grand plaisir et une belle émotion que nous avons écrit cet article pour te rendre hommage.

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