Jadot/Rousseau : Faut-il laisser la clé des champs aux écolos ? (Par Jean-Paul Pelras)

Le 28 novembre 2019  l’écologiste Yannick Jadot déclarait sur l’antenne de France Inter au micro de Léa Salamé et de Nicolas Demorand : « On sort des pesticides, on installe 200 000 paysans ou plus dans notre pays ». (Notons qu’Eric Piolle devait tenir, quelques mois plus tard, un discours assez proche de celui-ci … ) Léa Salamé a alors demandé à celui qui est également député européen : « Est-ce que vous entendez la colère des paysans ? Ils sont fatigués du discours des écologistes, ils en ont assez qu’on les insulte …” Jadot répondit : « S’il y a une formation politique qui est depuis des années aux côtés des éleveurs, de l’ensemble des paysans, ce sont les écologistes. C’est nous qui les défendons”

Et puis, deux ans plus tard, arrive « la primaire » relayée par tous les médias de l’hexagone, comme si l’avenir du pays était suspendu au choix d’un parti politique et de ses 106 622 sympathisants votants. Une primaire qui augure un palpitant second tour fin septembre, avec Jadot qui tient la corde pour 2 petits points et Sandrine Rousseau qui créée la surprise avec son projet « écologiquement radical ».

« Choc de productivité négatif …, baisse de rendement »

Concernant l’agriculture, la candidate qui sait, de toute évidence, ce qu’il en coûte de passer sa vie dans les champs, déclarait récemment : « Il faut un choc de productivité négatif dans l’agriculture. Il faut accepter une baisse de rendement, mais aussi que l’agriculture sans pesticides soit plus intensive en main-d’œuvre » Les écologistes en prônant la déconstruction du modèle agricole français soutenus par une quantité non exhaustive d’ONG, d’associations, d’artistes aussi bien engagés pour la défense de l’environnement que pour celle du prêt à porter, instillent progressivement dans l’esprit des citoyens une pensée verdoyante tout autant inacceptable que risquée et inadaptée.

Comment peut-on en effet parler de « choc de productivité négatif » ? Comment peut-on dire qu’il faut » accepter une baisse des rendements » à l’heure où, plus que jamais, notre agriculture doit retrouver le chemin de la compétitivité, à l’heure où notre pays s’apprête à connaître le premier déficit agricole et agroalimentaire de son histoire ?

La question est posée. Et si elle n’est, pour l’instant, qu’entre les mains de 106 622 sympathisants, n’oublions pas qu’elle concerne aussi l’autosuffisance alimentaire de 67 millions de Français.

Jean-Paul Pelras 

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