Arterris : chiffre d’affaires stable (Par Yann Kerveno)

Jean-François Naudi et Christian Reclus ont procédé à un large tour d’horizon de l’actualité d’Arterris avec la presse jeudi. Et dévoilé quelques nouvelles pistes de développement.

Les aléas climatiques de ces derniers mois n’ont pas permis au groupe Arterris de voir son chiffre d’affaires progresser comme l’expliquait le directeur général du groupe Christian Reclus. “Globalement le chiffre d’affaires est resté stable, à environ un milliard d’euros.” L’impact des aléas est plus sensible sur la structure du chiffre d’affaires et de l’excédent brut d’exploitation (EBE). En effet, la part agricole du chiffre d’affaires est tombée à 60 % quand le pôle agroalimentaire monte logiquement à 40 %. Pour l’EBE, la part agricole ne représente plus que 50 %, le pôle agroalimentaire 30 % et le pôle distribution 20 %.

Christian Reclus revenait ensuite sur les développements de ces deux dernières années, l’alliance avec Ciacam au sein de Vegedry en particulier qui a permis de développer une production de 1 000 à 1 300 tonnes de farines de légumes secs pour constituer une gamme complète à destination des fabricants de pâtes, de snack, la boulange. Ce projet doit être renforcé dans les mois qui viennent par le développement de protéines plus concentrées à destination de l’industrie agroalimentaire.

14 M € sur les semences

Christian Reclus s’est aussi félicité que le groupe ait pu acquérir la moitié du capital qui lui manquait au capital des Moulins Pyrénéens. “Cela nous permet d’avoir totalement la main sur un débouché de 80 000 tonnes de blés pour nos adhérents. Nous allons maintenant nous atteler à développer une offre bio et partir à la reconquête de la boulangerie artisanale” précisait-il. Pour la partie végétale, d’autres investissements sont prévus, en particulier sur l’activité semences qui concerne 17 000 hectares et qui bénéficie de 14 M € d’investissement en deux phases. La première pour moderniser l’outil de production (enrobage, cadence, logistique) pour 11 M € et la deuxième pour le développement d’une ligne entièrement dédiée à la production de semences bio et aux petites graines.

De nouveaux magasins

Du côté des productions animales, l’heure est également aux investissements, en particulier sur l’abattoir de Labruguière dans le Tarn qui va voir passer sa capacité de production de 450 000 à 800 000 poulets, c’est l’objectif à cinq ans, la plus grande partie sous label. Mais le développement se fera aussi par la distribution et le déploiement prévu de l’enseigne Marché Occitan avec une vingtaine d’ouvertures envisagées pour les cinq prochaines années, d’abord dans la ceinture toulousaine, puis en Roussillon et du côté de Montpellier.

Donnée un temps intéressée par Terraneo, c’est finalement du côté du Sud-Est que la coopérative audoise est allée faire emplettes l’an passé avec le rachat de Massaferro, producteur de pommes de terre pour le marché du frais (voir notre édition du 18 novembre dernier).
Pour autant, Christian Reclus ne cache pas conserver un œil attentif sur le secteur. “Nous continuons en effet de regarder ce qui peut se passer du côté des légumes, nous sommes convaincus qu’il y aura d’autres opportunités dans la région et le Roussillon. Nous ne sommes pas des spécialistes de ces productions mais nous sommes ouverts et à l’écoute de toute entreprise qui aurait un projet de développement en légumes ou en fruits” précisait le directeur général du groupe.

Vignoble expérimental

Et pour le vin, un des rares secteurs où Arterris n’a pas pris pied dans l’aval, la position est la même. “Si des entreprises veulent nous rejoindre avec un projet de développement, pour changer d’échelle, nous sommes ouverts.” En attendant, le groupe coopératif est devenu adhérent des Vignerons de Vendéole et a mis en culture une parcelle expérimentale de 30 hectares pour tester des systèmes d’irrigation mais aussi des cépages résistants. “Tous ces développements sont sous-tendus par nos missions principales, nourrir la population et participer à l’aménagement de nos territoires en produisant” précisait Jean-François Naudi, président de la coopérative “parce qu’un territoire sans agriculteurs est un territoire qui se meurt.”

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