AG des Vignerons indépendants de l’Aude : “Le moral commence à être impacté” [par Yann Kerveno]

Les vignerons indépendants de l’Aude ont tenu leur assemblée générale vendredi 24 juin. L’occasion de rappeler qu’il y a des dossiers loin d’être soldés alors que les nouveaux s’entassent déjà sur les bureaux !

Alexandre They est un homme poli, alors il ne jure pas au téléphone, mais on sent tout de même une pointe de lassitude quand on lui demande d’évoquer le contexte dans lequel se tient l’assemblée générale des Vignerons indépendants de l’Aude. “Tout change très vite, en tout cas les situations dans lesquelles nous sommes et il y a encore tout un tas de dossiers, anciens maintenant, qui ne sont toujours pas réglés” explique-t-il avant de faire la liste. “Il y a le dossier gel, celui de la Covid… Alors nous voulons bien comprendre que la période électorale que nous venons de traverser ne facilite pas les prises de décisions mais maintenant il faut avancer.” Il pense en particulier aux exonérations de charges MSA, aux mesures d’étalements de remboursement des prêts garantis par l’État et la lenteur du dossier de l’assurance récolte “alors que nous l’avons encore vu ces derniers jours et les dévastations causées par la grêle dans le bordelais et ailleurs rendent le sujet on ne peut plus d’actualité.”

Si le président des Vignerons indépendants presse pour que ces dossiers soient soldés, c’est aussi pour pouvoir, après deux années compliquées, “aller de l’avant. Il est temps pour nous de relever la tête et de nous projeter dans cette nouvelle période qui est aussi une période de crise économique avec une inflation assez inédite sur tous les secteurs, c’est une nouvelle difficulté après un très court semestre de rétablissement.” Il cite également les évolutions du marché du vin qui viennent aussi faire bouger les lignes dans les chais et à la vigne.

CIVL… ?

“Les goûts des consommateurs évoluent sans cesse, nous obligeant à nous adapter et il faut que nous puissions anticiper pour déployer les bonnes réponses jusque dans nos vignes.” Quand on lui demande comment se porte le moral des vignerons indépendants audois, un mot lui vient tout de suite : résilience. “On résiste mais le moral commence à être impacté. Le marché du vin est très compliqué et il s’est sérieusement ralenti en dépit des études de FranceAgriMer qui annoncent des prix en hausse. C’est peut-être vrai à Bordeaux ou en Bourgogne où il n’y avait pas beaucoup de vin, mais chez nous, ce n’est pas le cas.”
Ce qui nourrit quelques inquiétudes légitimes quant à la prochaine vendange qui pour l’instant est passée au travers des calamités. “L’ensemble de la filière va avoir intérêt à débloquer des volumes sans plus tarder” indique-t-il.

Et les galimatias juridiques autour du CIVL ? “Nous sommes toujours dans la négociation. Le principe d’un retour des metteurs en marché directs, qui avaient été exclus de l’assemblée générale l’an passé, a été acté par le conseil d’administration de l’interprofession. Maintenant, il faut encore discuter de la représentativité, mais aussi du projet. Nous ne sommes pas là pour réclamer une place juste pour le plaisir d’en avoir une, il faut aussi que le projet du CIVL soit cohérent avec nos attentes.”

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