Volumes en forte baisse : la salade dans les choux

Le constat est accablant pour la production de salade dans les Pyrénées-Orientales : selon le dernier bilan de campagne de la Chambre d’agriculture, le potentiel a baissé de 25 % en deux ans. Et entre 2006 et 2018, la surface cultivée en salades, plein champ et sous abris confondus, a été divisée par trois.

Si les volumes de salade ont commencé à chuter depuis un certain temps dans les P.-O., le phénomène s’est accéléré suite à l’hiver 2015-2016, pendant lequel, entre les conditions météo et les attentats de Paris, le marché avait été complètement “planté”. Le service Fruits et Légumes de la Chambre d’agriculture a récemment dressé un bilan de campagne 2017-2018, dont les chiffres sont édifiants. Ainsi, la production était étendue sur 480 ha (surface développée, plein champ et sous abris confondus), contre encore 535 ha l’année précédente… Et 1 615 ha douze ans auparavant.

“Un quart du potentiel en moins sur deux saisons”
“De campagnes moyennes en campagne médiocres, les surfaces consacrées à la salade dans le bassin roussillonnais vont de mal en pis”, écrit Nicolas Mansouri, auteur de cette note. “Cette tendance ne date pas d’hier et l’enquête 2017-2018 menée par la Chambre d’agriculture et le service statistique de la DRAAF dénombre 49 millions de pieds, 10 pour le plein champ et 39 pour le sous abris. Le nombre de pieds chute de 9 % et suit une précédente baisse de 17 % soit au total un quart du potentiel en moins sur deux saisons.”
Concernant le plein-champ, pour la saison passée, 180 ha ont été cultivés, pour une culture “composée à 32 % par la scarole, 23 % la frisée, 28 % la feuille de chêne rouge, 5 % la feuille de chêne blonde, 5 % la multi-feuille et 7 % de divers types (très fine, romaine, lollo…)”.

Négociation difficiles sur le marché contractualisé
Le sous-abri représente une surface développée de 300 ha, “avec 33 % de la surface la batavia blonde domine suivie de la laitue 20 %, puis de la feuille de chêne blonde 12 %, la multi-feuille et la lollo blonde respectivement à 6 %. Les chicorées scaroles et frisées sont à 13 % (uniquement au printemps). Les 10 % restant sont composés de divers types (lollo rouge, très fine maraîchère…).”
Côté prix, “sur le marché libre (45 % du potentiel de production) et pour toute la gamme des laitues (pommée, batavia, feuille de chêne…) les prix n’ont jamais décollé. Ils sont restés le plus souvent en dessous des coûts de production pour, au mieux, flirter avec au moment des fêtes de fin d’année et légèrement les dépasser en toute fin de campagne. Sans exceller les chicorées font un peu mieux mais ce produit est de moins en moins porteur. Sur le marché contractualisé (55 % du potentiel) les négociations sont de plus en plus difficiles et les prix sont souvent revus à la baisse et rarement à la hausse.”
Dans ce contexte difficile, Nicolas Mansouri s’attend à une poursuite de l’érosion, en particulier en plein champ. “On sera à moins de 180 ha cette année, c’est sûr” estime-t-il. De plus en plus de maraîchers se tournent vers d’autres légumes d’hiver. “Les exploitations qui abandonnent totalement la salade de plein champ sont de plus en nombreuses au profit de l’artichaut, du céleri, la patate douce ou encore le chou et les assolements qui se dessinent sont à l’image des résultats économiques de chaque espèce,” précise-t-il.
L’Agri consacrera un article à ces productions dans son édition de la semaine prochaine.

F.L.

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