Virus de la tomate : tenir trois à cinq ans !

Il faudra être rigoureux avec les mesures de biosécurité pour passer au travers de la contagion. (Photo Yann Kerveno)
L’alerte sur le virus ToBRFV (lire ci-dessous) a affolé les télés. S’il n’y a pas de danger pour les hommes, pour la production de tomates c’est autre chose !

Bruno Vila ne comprend pas pourquoi l’Agence de sécurité sanitaire (ANSES) a mis le feu aux poudres avec son communiqué sur le virus ToBRFV. “On a passé la journée à faire les télés et les radios pour éteindre le feu !” C’est probablement la concomitance de cette alerte, qui ne concerne que la santé végétale, avec la couverture de l’épidémie de Coronavirus qui lui a conféré cette résonance. “Alors oui, c’est vrai que c’est inquiétant, on sait que le virus est aux portes de chez nous, en particulier aux Pays-Bas, mais ce n’est pas nouveau” poursuit Bruno Vila. “Le risque est réel qu’il arrive chez nous, il y a plusieurs entrées possibles. Cela peut-être partout, mais peut-être un peu plus par la Bretagne, qui achète beaucoup de plants en fin et début d’année dans ce pays, mais aussi par les jardineries et les jardiniers amateurs !” Le virus ToBRFV est en effet très résistant et apte à contourner les mesures de sécurités mises en place dans les serres.

Et les bourdons ?
“Nous allons faire attention à tout ce qui est logistique, dans la mesure du possible en essayant d’éviter les contaminations par les camions, bien sûr nous allons supprimer les caisses plastiques parce qu’on ne peut pas être sûrs qu’elles soient bien désinfectées, nous aurons plus de problèmes avec les palettes qui sont consignées, il faudra faire attention.” Tout comme il faudra faire attention aux allées et venues et aux matériels dans les serres.
“Le truc qu’on ne maîtrise pas pour l’instant, ce sont les bourdons, on ne sait pas s’ils sont capables de transporter le virus et donc en mesure, potentiellement, de le faire rentrer dans les serres depuis les jardins des amateurs” ajoute-t-il. “Il faudra de trois à cinq ans pour que nous puissions bénéficier de variétés tolérantes. Il faut donc que nous soyons rigoureux pour y échapper.” Seule solution connue à ce jour pour se débarrasser du virus, une désinfection solide de la serre et un vide sanitaire de… Sept mois !

Yann Kerveno

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *