Vignobles du monde – septembre 2020 (par Yann Kerveno)

(Nouvelle rubrique, chaque mois un éclairage sur l’actualité des vignobles du monde)

Grève. Les vignerons de Valdepeñas en Espagne ont fait la grève de la vendange pour s’opposer à la baisse de 30 % du prix du raisin décidée unilatéralement par Felix Solis, un des principaux opérateurs du pays. Dans le même temps, Garcia Carrion, leader dans le pays et en conflit ouvert avec Felix Solis dans cette appellation, avait ironisé en soulignant que c’était eux qui payaient cette année le raisin au meilleur prix…

23 millions d’hectos. La Castille la Manche annonce pour sa part une récole normale cette année, soit autour de 23 millions d’hectolitres, un peu plus de la moitié de la vendange espagnole estimée à 42 millions d’hectos pour 2020. La Castille la Manche a envoyé 4,2 millions d’hectos à la distillation et démarre la campagne avec un stock de report de 10,8 millions d’hectos inférieur de 2 M/hl à l’an dernier.

Fin de partie pour l’Australie ? Les Australiens, et les Chiliens, ont été les grands gagnants du marché chinois ces derniers mois grâce aux accords de libre-échange signés entre ces pays. À tel point que l’Australie a doublé la France et occupe aujourd’hui la première place des fournisseurs de la Chine. Mais les mouches sont peut-être en train de changer d’âne. En effet, la Chine a ouvert deux contentieux avec l’Australie qui pourraient déboucher sur l’application de taxes douanières sur les vins australiens. Au motif que les aides d’état accordées par l’Australie à son secteur viticole seraient constitutives de dumping. Voilà qui redonneraient un peu de compétitivité aux vins français sur le marché chinois.

Mou du vrac. Si la France a perdu 278 millions de dollars de chiffre d’affaires au premier semestre de cette année sur le marché américain à cause des taxes Trump, les Espagnols, non concernés par les taxes, ont aussi souffert au premier semestre avec le Covid. Les exportations de vrac espagnol ont plongé durant le confinement. Elles ont reculé de 22 % (- 220 000 hl) en avril et de 28 % en mai (- 300 000 hl). En cause, la Chine qui a boudé les vins espagnols avec un recul de 92 % en mai, les nouvelles lois russes sur le vin qui pénalisent les importations  (recul de 80 et 97 % en avril et mai). Dans une moindre mesure, les exportations ont aussi reculé vers le marché français et au Canada alors qu’elle progressaient vers l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Danemark…

Cava ou ça va pas. Nos voisins catalans souffrent aussi d’une vendange difficile et largement amputée par le mildiou qui a réduit les volumes de 30 % en conventionnel et de 70 à 80 % en bio.  Il se dit dans la presse espagnole que, compte tenu du contexte et des stocks, certaines bodegas de l’appellation Cava n’achèteront pas de raisins cette année alors que les rendements ont été ramenés de 12 à 10 tonnes hectares pour limiter les stocks. Et que les prix sont au plancher. Freixenet a ainsi reconduit le prix de l’an dernier, 30 centimes le kilo.

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