Un groupement foncier à Banyuls

La cave de l’Étoile, à Banyuls, a lancé officiellement son groupement foncier pour partir à la reconquête du vignoble.

Parmi les grands défis qui attendent les crus de Banyuls et de Collioure, ceux de la succession des vignerons et la gestion du foncier sont des dossiers majeurs. La cave de l’Étoile a créé un groupement foncier, ouvert aux investisseurs privés pour être en mesure d’avoir une action directe sur la question. Le président de la cave Jean-Pierre Centène explique : “Il y a trois ans, nous nous sommes portés acquéreurs d’une grande et très belle parcelle située juste sous le col de Banyuls. Mais ce n’est pas dans la vocation de la cave de détenir du foncier, nous avons donc mis sur pied cette structure, ouverte à des investisseurs extérieurs, pour porter cette propriété.” Pour abonder et constituer cette société, le capital du groupement foncier, Jean-Pierre Centène et son équipe ont invité de petits investisseurs. “Certains sont venus nous voir mais nous ne voulions pas avoir de gros porteurs de parts” explique-t-il. Les parts sociales ont été fixées à 3 000 euros et sont rémunérées à 4 % mais… En vins de la coopérative, au choix du porteur.

50 % de locaux
“Aujourd’hui l’apport des investisseurs, ils sont 35, dépasse les 250 000 euros, auxquels s’ajoute l’investissement réalisé par la cave pour acheter la parcelle en question.” Ce qui porte le capital du groupement foncier à près d’un demi-million d’euros puisque l’achat de la parcelle, elle mesure 6 hectares, a coûté environ 250 000 euros à la coopérative. Qui sont les investisseurs ? Principalement des particuliers. “La moitié sont du département des Pyrénées-Orientales, les autres d’un peu partout en France, mais beaucoup sont d’abord des clients de l’Étoile.” Quelle sera maintenant la destination du groupement foncier ? “Cela va nous permettre d’acquérir du foncier pour protéger le vignoble. Nous regardons d’ailleurs autour de cette première parcelle, que nous faisons travailler par une association d’insertion par le travail. C’est une parcelle qui pourrait être mécanisable, qui pourrait peut-être aussi passer en bio. Voilà, notre objectif avec ce groupement, c’est de racheter des vignes à des vieux vignerons afin d’éviter qu’elles partent en friche. Le groupement foncier est un outil qui peut nous être utile le temps de la reconquête !” conclut Jean-Pierre Centène.

Yann Kerveno

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