Un été 42 (Par Jean-Paul Pelras)

Passions estivales chères à nos tendres années, souvenirs jonglés d’instants inoubliables, de lieux complices et d’arbres à jamais mutilés par nos pastourelles initiales. Un peu finalement comme dans ce film intitulé « Un été 42 ». Long métrage réalisé en 1971 par Robert Mulligan d’après le livre d’Herman Raucher. Hermie, un jeune garçon de 15 ans rencontre sur une plage déserte, au large des côtes de la Nouvelle Angleterre, Dorothy, jeune femme plus âgée que lui interprétée par la sublime Jeniffer O’Neil. Ils sympathisent en tout bien tout honneur et pourtant, le jour où elle apprend que son mari a été tué à la guerre, Dorothy se donne à Hermie qui n’oubliera jamais cette nuit improbable passée dans les bras d’une « couguar » hollywoodienne sur une musique de Michel Legrand. A l’aube, la belle a disparu. Hermie découvre la maison vide et un mot d’adieu qui dit : « Je ne veux pas essayer d’expliquer ce qui s’est passé, car je sais que plus tard tu trouveras la manière exacte de t’en souvenir » Se souvenir, c’est bien de cela dont il s’agit. Car si nous avons oublié le cri de la chouette, le vol des pipistrelles, le bruit de la fête foraine et le regard un peu désolé de cet astre blond éclairant le sable encore chaud de cette nuit d’été, en revanche nous avons encore en mémoire cette peau douce et cuivrée et ce tout premier baiser un peu maladroit échangé dans l’éternité des malentendus alors que notre souffle se mêlait à celui des rouleaux de la mer. Depuis nous avons bien sur frayé sous d’autres équinoxes et déclamé notre penchant au risque de nous abîmer dans les acomptes de l’amour. Mais avouons-le, cette première ritournelle fut de loin la plus mémorable, puisque nous trouvons aujourd’hui la manière exacte de nous en souvenir.

Jean-Paul Pelras

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