Traiteurs et restaurateurs : “Nous n’avons aucune visibilité !”

Au soir du lundi de Pâques, Emmanuel Macron l’a annoncé, le déconfinement partiel débutera le 11 mai prochain, sous conditions que nous respections bien les règles du confinement actuel et que la propagation du Covid-19 continue sa régression. Crèches, écoles, collèges, lycées ou commerces non-alimentaires ouvriront progressivement le bal, auquel les restaurateurs, traiteurs et hôteliers ne seront pas conviés pour le moment.

Un arbitrage qui surprend les professionnels de la restauration, pourtant aguerris concernant le respect des normes d’hygiène. Alors, en attendant le feu vert, nombreux sont les chefs d’entreprises, qui anticipent et préparent d’ores et déjà la reprise, avec des dispositions sécuritaires supplémentaires pour mettre en confiance clients et personnels. C’est le cas du chef Franck Séguret et de son épouse Isabelle, du Clos des Lys à Perpignan, anxieux, qui malgré les inconnues économiques misent avant tout la carte santé. “Aujourd’hui ce qui est le plus important c’est l’humain” souligne Franck “car c’est une valeur sûre que l’ont doit préserver et pérenniser pour que l’on puisse tenir longtemps ! Aussi, avec Isabelle, nous menons une réflexion, comme la mise en œuvre des cartes de menus téléchargeables sur le téléphone des clients pour éviter de les leur donner physiquement lorsqu’ils prennent place à table, ou bien encore un système d’emballage pour les couverts”. Économiquement impacté, Le Clos des Lys a eu recours à un prêt bancaire de 300 000 € garanti par l’État, pour assurer l’avance des salaires de ses 37 collaborateurs et maintenir le temps du confinement l’activité à flot.

“Cet argent, il va falloir le rembourser…”
Mais l’inquiétude du couple reste intense, surtout en ce qui concerne la reprise de l’activité d’organisateur de réceptions, qui représente 55 % de leur chiffre d’affaires. “Cet argent, ce n’est pas un don, il va bien falloir le rembourser !” affirme Franck. “Comment va t-on faire ? À quel moment allons nous pouvoir retrouver notre vitesse de croisière pour la partie traiteur ? Dans deux mois, trois mois, six mois, un an ? Actuellement, nous n’avons aucune visibilité, d’autant plus que les prestations que nous avions de mars à juin ont été reportées de août à octobre ! Mais, durant cette période, nous devrons aussi faire face aux demandes de nos clients habituels, souvent des congressistes, comment allons nous pouvoir y répondre en même temps ? Matériellement et humainement cela semble impossible !” À l’image du couple Séguret, qui peut compter sur la mobilisation de l’ensemble de ses collaborateurs, c’est toute une profession qui retient son souffle et espère, de la part des pouvoirs publics, une politique cohérente d’accompagnement pour les chefs d’entreprises qui s’engagent. Un pari sur l’avenir et beaucoup d’incertitudes.

Thierry Masdéu

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