Sixième République ? (Par Jean-Paul Pelras)

Depuis quelques mois, actualité et prises de position obligent, parmi les courriers qui me sont adressés une question, très certainement légitime, revient régulièrement :  Que proposez-vous ?

La réponse tient en une formule : les politiques doivent être soumis à une obligation de résultats.

C’est sur ce point que la constitution doit évoluer. Après tout, il ne s’agit là que du débat démocratique. Celui qui aiguillonne le pouvoir en place et reprend en écho ce que beaucoup de citoyens expriment au bistrot du coin ou devant le bureau de Poste. Histoire de rendre au suffrage universel la véritable portée de son pouvoir. Ce pouvoir qui échappe un peu trop souvent au peuple irrité par les « affaires », malmené par la conjoncture, fatigué par trop d’incohérences, d’hésitations, de suffisance.

La politique est devenue un métier. Nous pouvons le comprendre, car elle nécessite un engagement de tous les instants. Seulement voilà, un métier, surtout quand il est rémunéré par le contribuable, induit à minima la restitution des comptes. Si le paysan ne rentre pas sa récolte, il ne peut rembourser ses emprunts et, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, il dépose son bilan. Si le plombier ne remplit pas son carnet de commande, il fait faillite. Si le journaliste n’obéit pas à une certaine déontologie, tôt ou tard il perd son lectorat. Si le boulanger ne fabrique pas du bon pain, il cesse son activité. En revanche, si le politique ne tient pas ses promesses, il continue à percevoir ses indemnités (que ni la droite ni la gauche ne souhaitent voir diminuer) et peut même se représenter.

Le monde politique doit revenir dans la compétition

C’est sur ce point que la fonction doit évoluer pour qu’elle puisse retrouver une certaine crédibilité, voire même une certaine dignité. Avec une profession de foi qui, à l’instar des clauses d’un devis, doit être respectée. Avec des investures qui ne seraient pas conditionnées aux accointances. Avec, si les promesses ne sont pas honorées au bout du mandat, le remerciement de l’intéressé. Avec, pourquoi pas, la mise en place d’une « Sixième République» dotée d’une astreinte quinquennale (car il faut laisser aux reformes le temps de se mettre en place) qui stimulerait la fonction. Et ce, alors que nous assistons, pour ainsi dire, au phénomène inverse avec des consultations citoyennes qui, le temps d’un leurre savamment orchestré, font croire au peuple qu’il détient quelques parcelles d’autorité, quelques arpents de décision. Stratège qui permet d’inverser virtuellement les rôles tout en déléguant un pouvoir placebo. En revanche, évaluer la portée du mandat reviendrait à rebattre les cartes dans une société où le discrédit politique n’a jamais été aussi prégnant. Si le challenge peut paraître ambitieux au regard du déficit de confiance dont souffrent aujourd’hui les institutions, il est toutefois  conditionné à un impératif : le monde politique doit à nouveau se doter de contrepouvoirs dignes de ce nom.  Il doit, tout simplement, revenir dans la compétition.

                                                                                                     Jean-Paul Pelras     

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