S’il tient ses promesses, c’est le plus fort !

Évidemment “en temps de guerre”, l’argent ne compte pas. Évidemment, la santé prime sur les affaires courantes et sur ces questions subalternes qui font que pour l’économie, nous verrons après.

IL n’empêche que la coiffeuse au coin de la rue, la fleuriste, le maçon, l’agriculteur, le voyagiste, le restaurateur et tous ceux qui viennent de baisser le rideau pour une durée indéterminée se demandent comment ils vont faire pour rembourser leurs dettes et assurer leur quotidien. Une inquiétude qui concerne bien évidemment le secteur privé et celui des travailleurs indépendants. Car si le président de la République a annoncé lors de sa seconde allocution “un dispositif exceptionnel de report de charges fiscales et sociales adossé à un soutien ou à un report d’échéances bancaires avec, à la clé, des garanties de l’État à hauteur de 300 milliards d’euros pour tous les prêts contractés auprès des banques”, les entreprises françaises se demandent ce qu’il adviendra après “les reports”. Tout simplement car elles sont, pour la plupart, rompues à cette petite musique qui dorlote, rassure et redevient inaudible une fois la tempête passée.

Et puis, il y a ces mots prononcés avec beaucoup de solennité, toujours à l’égard des entreprises, par le premier d’entre nous : “Pour les plus petites d’entre elles et tant que la situation durera, celles qui font face à des difficultés n’auront rien à débourser, ni pour les impôts, ni pour les cotisations sociales (…) Aucune entreprise ne sera livrée au risque de faillite”. Cette dernière phrase restera probablement, au-delà des consignes sanitaires de sécurité qu’il faut bien évidemment appliquer et faire respecter, celle qui restera gravée dans le marbre des discours élyséens. À ce stade du propos et même s’il m’en coûte de le reconnaitre, disons le franchement, si Macron parvient à juguler la crise économique qui se profile sans que nos entreprises, de la plus petite à la plus importante soient mises en péril, c’est le plus fort ! En revanche, s’il ne tient pas ses promesses, l’avenir de ce pays pourrait bien devenir celui des huissiers…

Trois solutions…
300 milliards d’euros. Évidemment, nous avons été quelques-uns à nous demander où il allait trouver cette somme avec un déficit qui avoisinait 2 415 milliards et des brouettes fin 2019. Soit environ 100 % du PIB. Interrogation légitime pour certains, réflexion indécente pour d’autres. Et pourtant, depuis des mois qu’il racle les fonds de tiroir pour rafistoler à peu près tout ce que la France compte comme secteurs d’activités, nous sommes en droit de nous demander, alors que l’an passé 52 000 entreprises ont déposé le bilan, avec quelle poudre de perlimpinpin l’État providence va-t-il colmater la brèche.
Première solution, celle prônée voici quelques années par Attali qui consistait à flamber la dette alors qu’au niveau mondial celle-ci est passée de 87 000 milliards de dollars en 2000 à plus de 250 000 milliards en 2020.
Seconde hypothèse : relancer la planche à billets. Depuis la crise de 2008, des centaines de milliards de dollars dans ce qui ressemble fort à un tonneau des danaïdes version big-data ont été injectés dans l’économie par les banques centrales. Résultat des courses, les États s’endettent à moindre frais et la fructification, celle qui permet de fabriquer de l’argent avec de l’argent, atteint ses limites car les taux d’intérêts sont très bas. Le principe selon lequel seul le crédit encourage la croissance est donc malmené avec, de surcroit, une dette mondiale qu’aucune réforme structurelle ne peut juguler. Une partie de l’argent qui circule grâce au fonctionnement des “planches à billets” peut donc être comparée à de la fausse monnaie qui risque de ne jamais se transformer en or. Ou comment le carrosse restera toujours citrouille.
Troisième occurrence et c’est ce que les gouvernements savent faire de mieux une fois passé le temps des promesses et des illusions, solidarité nationale oblige, augmenter l’impôt.
Ce qui, bien évidemment, relève de la plus élémentaire logique. Et ce, même si cette option ne figure pas pour l’instant, à l’heure, ô combien légitime, de l’émotion et de la solennité, sur le mode d’emploi fourni par l’Élysée.

Jean-Paul Pelras

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