Saisonniers : quel bordel !

Certains sont passés, d’autres non, à n’y rien comprendre selon les professionnels.

ON croyait, le déconfinement venu, avoir compris dans les propos du Premier ministre que les travailleurs saisonniers auraient, dès le 11 mai, la possibilité de franchir les frontières. Les choses semblent, en réalité, un peu plus compliquées que cela pour le moment. Le gouvernement avait même confirmé que les travailleurs résidents hors de l’espace Schengen, en particulier en Roumanie ou en Bulgarie, seraient autorisés à venir travailler en France, à condition de bénéficier d’un contrat de travail et en dépit de la fermeture des frontières de… l’espace Schengen. Consultée il y a 10 jours, la préfecture des Pyrénées-Orientales nous a confirmé hier que, pour l’instant, les frontières restent étanches. “Sont seuls autorisés à entrer sur le territoire national, pour l’instant, les travailleurs frontaliers,  les transporteurs de fret, les personnels de santé et diplomatiques. Cette situation devrait évoluer dans les prochains jours.”

Mais oui mais non !
Mais la réalité était toute autre ! Des travailleurs saisonniers, nombreux, ont pu passer la frontière la semaine dernière avec un contrat de travail, jusqu’au week-end, depuis c’est le bazar. “On ne comprend plus rien” regrette Jean-François Not, président d’Ille Fruits. “La semaine dernière, on nous dit que le ministre a signé pour laisser entrer les travailleurs saisonniers, il en rentre qui ne sont pas inquiétés et, depuis ce week-end, plus rien. Ils sont systématiquement refoulés à la frontière alors que beaucoup auraient dû commencer ce matin.” Il estime à environ 20 à 30 % les effectifs attendus bloqués à la Jonquère. “Est-ce une mesure de rétorsion pour punir l’Espagne d’avoir fermé sa frontière ? On est dans le flou, et chaque jour qui passe est un peu plus flou. Et on est un peu désemparé face à ça.”

Y. K.


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