RN 116 : Le coup de gueule du sénateur Calvet

François Calvet et sa suppléante, Laurence Josende, dénoncent l’abandon des territoires.

Infrastructures routières et ferroviaires, problèmes sur les réseaux numériques et téléphoniques, paupérisation de la ruralité, désengagement de l’État : le parlementaire et sa suppléante, Laurence Josende, dénoncent l’abandon des territoires.

“Dans ce département, depuis quelques temps, quand les ministres viennent nous voir c’est pour nous dire qu’ils vont nous supprimer quelques chose. Et jamais pour nous dire qu’ils vont faire quelque chose pour nous.” Une citation que l’on doit donc au sénateur François Calvet. Lequel donnait une conférence de presse lundi dernier à Perpignan. Alors, bien sûr, l’on peut penser qu’il y a, derrière cette joute de toute évidence destinée à l’actuelle majorité, un peu de politique politicienne de la part de celui qui, pour avoir été élu trois fois député et deux fois sénateur n’a rien d’un perdreau de l’année. Et pourtant les arguments sont là, qui relayent un ras le bol de plus en plus prégnant sur l’ensemble du territoire et, à fortiori, dans les cantons du haut pays. Avec, pour commencer, cette visite dans la bonne ville de Prades, effectuée en novembre dernier, par la ministre des Transports, Élisabeth Borne. Selon François Calvet : “La ministre est venue nous dire, alors que plus d’une centaine de communes ont déjà délibéré pour demander une simple signature de prorogation de la DUP (Déclaration d’utilité publique) concernant la RN 116, qu’il ne fallait pas y compter. Pourtant le décret du 16 juillet 2008 portant DUP de mise à 2X2 voies entre Ille sur Têt et Prades a nécessité 5,2 millions pour la réalisation des études, avec un coût global concernant la construction évalué à 180 millions d’euros. Comme la dite construction ne démarrait jamais, on est venu nous expliquer, des années plus tard, qu’il y avait eu une mauvaise appréciation, que le coût était réévalué à 300 millions d’euros et que ce projet ne verrait jamais le jour.”

“S’il faut bloquer la 116 pour nous faire entendre, nous le ferons”

Et François Calvet de rajouter en évoquant un article paru dans le Monde Économie du 18 décembre : “Élisabeth Borne déclarait récemment dans le cadre des assises de la mobilité : « À Prades, à Aurillac, à Alès, à Auch, il n’y a pas de desserte routière correcte pour être relié à la grande ville. Ces territoires vont perdre leurs emplois, les entreprises ne vont pas y rester. » Et pourtant chez nous, circulez, il n’y a rien à voir ! Et bien c’est justement ce que nous verrons. Et s’il faut bloquer la 116 pour nous faire entendre, nous le ferons”.
Seconde salve concernant, cette fois ci, le réseau ferroviaire : “Évidemment en ayant une pensée émue pour les enfants victimes du drame de Millas, je le dis clairement, soit nous sommes capables de sécuriser les voies, soit il faut opter pour un autre moyen de transport. Sur ce point, il faut engager une réflexion très vite”.
Délaissés et enclavés
Concernant enfin la paupérisation du haut pays qui, rappelons-le, sous l’égide de l’Agri fera l’objet d’une réunion où élus et acteurs économiques sont invités le 3 février à Corneilla de Conflent, le sénateur rajouta : “Dans les P.-O. nous sommes totalement délaissés et enclavés. Depuis plusieurs décennies, dans notre département comme dans d’autres, tout est fait pour que les meilleures volontés jettent l’éponge, pour que nos entreprises et notre jeunesse s’exilent. Quand ce n’est pas l’État lui-même qui encourage leurs départs vers les grandes métropoles. Toutes les mesures sont prises pour y contribuer sournoisement, que ce soit en termes d’équipements, de transport ou de numérique. Mais aussi que ce soit concernant le coût de la vie personnelle ou professionnelle, la politique en faveur de l’emploi, des entreprises ou des investissements publics”.
Des propos soutenus et relayés par Laurence Josende, sénatrice remplaçante et collaboratrice de François Calvet, qui rajoutait : “Le plus inquiétant est que les élus locaux rencontrés ces derniers mois apparaissent découragés et se sentent trahis par rapport à leur investissement quotidien pour faire vivre cette République qu’ils représentent.”

Jean-Paul Pelras

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