[Publi-reportage] CerFrance – Benjamin Devaux : “Il va falloir être agile pour se réinventer”

La crise du Covid-19 aura provoqué une déflagration dans l’économie et dans nos habitudes de travail. Tour d’horizon avec Benjamin Devaux, responsable Conseil chez Cerfrance Midi Méditerranée.

Le monde agricole a-t-il pu s’adapter sans casse au confinement ?
Depuis le début de la crise, les directives gouvernementales n’ont cessé de bouger. Face aux difficultés d’approvisionnement, de main- d’œuvre et de distribution, les agriculteurs ont dû s’adapter, ils ont cherché et trouvé des solutions nouvelles. C’est ce qu’on voit aujourd’hui avec le recours massif à la vente directe, le développement des drives fermiers, l’ouverture des points de distribution dans les commerces qui restent ouverts, comme les boulangeries, par exemple. Ce sont des mécanismes de
survie, mais cela montre aussi qu’il y a de l’agilité, les cartes ont été vite redistribuées.

Malgré cette redistribution, la situation reste très complexe…
Oui, pour les pépiniéristes par exemple, c’est bien plus complexe puisque l’essentiel de leur chiffre d’affaires est réalisé sur les deux mois de printemps, avril et mai. Pour l’arboriculture aussi c’est en partie compliqué, à cause de la main-d’œuvre. Il y a eu une fin de non-recevoir pour les travailleurs saisonniers étrangers et ce n’est pas avec wizzifarm qu’on aura les équipes nécessaires. Le risque c’est que ce qui ne sera pas ramassé reste sur les arbres. Pour la viticulture, le secteur était en souffrance avant… La crise sanitaire accentue les problématiques commerciales et impacte les stocks. Alors, naturellement, il y a des problèmes de trésorerie chez les vignerons indépendants et certaines coopératives se mettent à toucher aux versements des acomptes. Le financement de la récolte 2020 va peser fortement sur les entreprises.

Envisagez-vous une épidémie de défaillances d’entreprises ?
Les défaillances ? C’est compliqué. Il est probable que les entreprises défaillantes dans les prochaines semaines soient celles qui étaient déjà en grande difficulté avant. La crise du Covid-19 aura été la goutte d’eau. Globalement, les entreprises ont bien mobilisé les dispositifs mis en place par l’État pour amortir le choc provoqué par le confinement.

Et pour les mois qui suivront ?
C’est difficile à dire. Il faut d’abord regarder le contexte. La consommation est en baisse, l’économie est en récession, le climat est fortement anxiogène, des signaux faibles de protectionnisme apparaissent ici et là à l’échelle mondiale… La sortie du confinement va rebattre les cartes. Il va falloir redémarrer, mais tout en gardant à l’esprit que cela ne repartira pas comme avant. Il va falloir être agile pour se réinventer.

C’est-à-dire ?
Dans l’arboriculture par exemple, le problème de la main-d’œuvre est récurrent, peut-être est-il temps de se poser la question de la diversification ? De revenir à des systèmes plus équilibrés en polyculture. Il ne faut pas se leurrer, pour l’instant, ce qui sauve ce modèle-là, très spécialisé, c’est le système d’assurance. Mais peut-on ainsi continuer ? Cette situation étrange par laquelle nous sommes passés nous permet aujourd’hui de dire qu’il y a suffisamment d’éléments pour offrir des opportunités à ceux qui veulent s’en saisir. Je pense que nous pouvons tirer plusieurs leçons de cette crise. La première, c’est que les entreprises doivent poursuivre massivement les efforts pour s’intéresser à l’aval. La deuxième, c’est qu’elles doivent parvenir à rééquilibrer les risques et ainsi les diluer, soit par la diversité de l’offre proposée, soit par la multiplicité des canaux de commercialisation.

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