Pourra-t-on irriguer cet été dans la plaine du Roussillon ?

À cinq ou six semaines du début de la saison, la question se pose alors que la crue de la Têt a provoqué de gros dégâts aux canaux du département. Principaux concernés, les canaux de Thuir et de Corneilla qui ont vu les prises d’eau gravement endommagées par la crue. Le seuil qui permet d’alimenter le canal de Corneilla est crevé au niveau de la passe à poissons et une partie de la berge n’est plus qu’un souvenir. Pour le canal de Thuir, la peine est double. Non seulement, le seuil et la prise d’eau ont été endommagés mais en plus, le canal a été largement submergé par la crue et complètement comblé sur des centaines de mètres.

Pour le canal d’Ille, la prise d’eau a également été endommagée mais difficile de faire un pronostic pour le moment, le niveau de la Têt est encore trop haut pour pouvoir réaliser un diagnostic précis. Dernier concerné dans la vallée de la Têt, même si des dégâts de moindre importance ont pu survenir dans les autres vallées du département, le canal de Corbère suscite aussi quelques inquiétudes. Des failles se sont en effet ouvertes entre le canal et le chemin dans les Gorges de la Guillère…

Quels financements ?

Les questions sont donc nombreuses. « Pour l’instant, nous avons fait réaliser des devis pour le déblaiement, il y a en a pour 15 000 euros chacun pour le canal d’Ille et celui de Thuir. Pour les réparations, il faut attendre que le niveau descende encore un peu pour estimer correctement les dégâts et les interventions à réaliser » explique Sandrine Jaffard, directrice de l’Union des canaux d’Ille et de Corbère. Il y aura, facteur aggravant, des travaux à réaliser qui nécessiteront de mettre des engins de TP dans le lit de la rivière, ce sera le cas pour le canal de Corneilla et celui d’Ille, dont la prise d’eau, située dans les gorges, est inaccessible autrement… « Pour ce type de travaux c’est une procédure administrative complexe et qui prend du temps… » 

Mais la question des dossiers n’est qu’une partie d’un problème à deux faces, l’autre résidant dans le financement. En effet, si ce n’est pas la première fois que les canaux subissent des dommages dus aux intempéries, c’est bien la première fois qu’ils sont si durement touchés. « Lors des précédents épisodes ayant conduit à des dégâts, nous avions pu percevoir des aides, mais elles étaient plafonnées à 60 %, ce qui laissait déjà une grosse charge aux ASA » ajoute-t-elle, n’osant probablement imaginer le montant de la facture pour 2020. Une réunion doit avoir lieu demain jeudi en préfecture pour faire le point sur la situation avec la direction des territoires, le Conseil départemental…

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