Pisseurs de glyphosate : le filon des analyses !

De nos jours, pour être dans le coup, il faut avoir fait pipi dans l’éprouvette. Il faut pouvoir proclamer urbi et orbi : “j’ai apporté ma contribution au grand combat que la planète doit livrer contre le glyphosate”. Oui, vous savez, ce désherbant que l’on utilise sur les fruits, sur les légumes, sur la vigne, sur les céréales et sur à peu près tout ce que nous mangeons et buvons, comme nous le montrent en boucle les images à la télévision. Du désherbant sur des productions agricoles ? Comment le service public a-t-il pu laisser passer pareille ineptie ? Quel agriculteur irait détruire ce qu’il doit récolter pour gagner sa vie ?
Et pourtant c’est ce que l’on fait gober à des millions de téléspectateurs via des pratiques de désinformation qui s’embarrassent peu de considérations scientifiques. S’il faut faire peur pour gagner de l’audience, le challenge est réussi ! Réussi également, le coup du test visant à faire pisser dans une éprouvette quelques célébrités. Et, dans la foulée, des groupes de citoyens lambda dont les analyses, comme par hasard, s’avèrent quasi systématiquement positives au glyphosate.
Les expériences se multiplient partout en France où chacun y va de son étonnement en détaillant des résultats alarmants chez celles et ceux qui ne consomment pourtant que du bio, qui vivent exclusivement en ville et qui n’ont jamais mis les pieds dans un de ces champs susceptibles d’héberger le maudit poison.

Entre les contributions de la recherche et la propagande de l’information
Et pourtant ceux-là pissent du glyphosate dans des proportions parfois élevées comme vient de le démontrer un test, dans le Loiret, où 100 % des volontaires ont été contrôlés positifs et comptent déposer plainte pour mise en danger de la vie d’autrui, tromperie aggravée et atteinte à l’environnement. Idem dans les P.-O. où un quotidien local s’est fait l’écho d’une “session de prélèvements perpignanais” avec le journaliste rédacteur de l’article qui donne de sa personne en participant lui-même à l’expérience. C’est dire si la presse est motivée. Motivée et pas forcément objective comme le démontre le Dr Jean-Marc Majeau, également chroniqueur à l’Agri, dans l’article ci-dessous intitulé “Glyphosate : pseudo scientifisme ou
manipulation ?” Un éclairage pertinent sur les distinctions qu’il faut faire entre les preuves et les allégations. Entre les contributions de la recherche et la propagande de l’information.
Enfin et puisque le cocktail à la mode est celui qui se mesure à l’aune des laboratoires, comment ne pas
voir, avec cet engouement urinaire, quelques opportunités financières. De quoi alimenter, d’ici quelques mois, de nouveaux reportages qui évoqueront le filon des antis glyphosates et les t-shirts floqués fabriqués en Chine qui se vendent déjà par milliers. Puisque, finalement, tout s’achète. Même la duplicité.

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