Pêche – abricot : 2021 sous de bons auspices ? [par Yann Kerveno]

La filière prépare sa campagne 2021 avec une nouvelle campagne de communication et de nouveaux outils.

Alors que la floraison s’achève dans les vergers des Pyrénées-Orientales, l’AOP pêche nectarine abricot a dressé un bilan consolidé de la saison passée. En pêche, la récolte européenne a accusé un sérieux recul, 20 % en moyenne dans tous les pays producteurs. La production française avec 180 000 t a fait légèrement mieux avec un recul de 10 % par rapport à la campagne précédente et de 12 % seulement par rapport à la moyenne 2014-2018. Pour autant, les producteurs semblent enclins à continuer à produire des pêches, le taux de renouvellement du verger atteint 9 % cette campagne avec 500 hectares plantés. Des plantations qui profitent aux nectarines au détriment des pêches jaunes et une forte progression, sur de petites surfaces pour l’instant, des plates et des sanguines, + 85 % sur les trois dernières années. Le potentiel français devrait donc progresser au cours de ces trois prochaines années. En abricot la campagne a pour le coup été désastreuse avec une production européenne de 400 000 tonnes, soit un recul de 30 % à l’échelle continentale, la production française accusant le coup avec un recul de 34 % par rapport à la moyenne 2014-2018 et pire encore pour les apports AOP qui reculent de 45 % par rapport à la campagne précédente. À l’inverse des nectarines, le potentiel de production reste stable avec un renouvellement qui atteint à peine 3 %. La campagne 2019-2020 de plantation restera comme la plus faible de ces 20 dernières années. Et lorsque les plantations surviennent, elles délaissent les créneaux très précoces jusqu’ici prisés des producteurs.

Communication conjointe

Au contraire de l’année dernière, l’année 2021 s’annonce sous de meilleurs auspices. L’hiver a tenu ses promesses en termes de froid, la floraison s’est bien déroulée et le gel de la mi-mars n’a, a priori, pas de conséquences particulières. On en saura un peu plus sur le contexte européen le 4 mai prochain avec la diffusion des prévisions abricot et le 25 mai avec les prévisions pour la pêche. La nouveauté de l’année c’est l’opération de communication conjointe mise sur pied avec l’AOP pomme poire, à l’origine du dispositif “Vergers écoresponsables” également utilisé en pêche nectarine et abricot, histoire d’occuper le terrain médiatique tout au long de l’année avec la succession des espèces. Cette campagne, avec une forte déclinaison télé, dispose d’un budget de 600 000 euros abondé pour un quart par l’AOP pêche nectarine abricot.

Un indicateur qualité pour l’abricot

Au terme de sa troisième année, le plan qualité abricot livre ses premiers outils. Un tri a été effectué dans la variété disponible et un classement établi pour trier le bon grain de l’ivraie. Elles sont désormais classées en variété à potentiel supérieur, variétés prometteuses pour les plus récentes qui présentent un intérêt, variété à potentiel standard et la dernière catégorie, les variétés à écarter des choix de plantation. Parallèlement à ce travail qui doit permettre de faire monter la production en qualité, c’est un outil complémentaire qui sera déployé dès cette année dans les stations : l’indicateur qualité abricot. En combinant plusieurs facteurs, sucre, acidité, jutosité, intensité aromatique, il doit permettre aux stations de mieux prédire la qualité au stade du consommateur. Cet outil sera déployé cette année dans 79 stations de conditionnement, les personnels formés et son usage sera intégré à la charte “Vergers écoresponsables”.

L’AOP pêche nectarine abricot rassemble aujourd’hui 55 entreprises dont 47 metteurs en marché, 77 stations et près de 500 exploitations. Ce qui lui confrère une représentativité de 80 % en pêche nectarine et 65 à 70 % en abricot.

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